Près de deux ans après le coup d’État du 30 août 2023, la situation de la radio panafricaine Africa N° 1 demeure un sujet de grande inquiétude. Lors d’un point de presse organisé le vendredi 20 décembre 2024, les anciens employés de cette station jadis prestigieuse ont exprimé leur indignation face à l’immobilisme autour de leur situation. Interdits d’accès au siège de la radio par les forces de sécurité, ils en appellent au président de la transition, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, pour une résolution rapide et efficace.
Une dette écrasante et un avenir compromis
Les chiffres sont accablants. Selon les anciens agents, la dette d’Africa N° 1 s’élève à 33,4 milliards FCFA, une somme qui englobe les salaires impayés et les droits des employés, ainsi que le litige en cours avec l’actionnaire majoritaire. Cette ardoise économique, arrêtée fin 2023, complique toute tentative de relance de la station, autrefois considérée comme le fleuron médiatique du Gabon et un symbole de la voix de l’Afrique.
Malgré les engagements pris lors du Dialogue national inclusif d’Angondjé, les promesses de restructuration et de redressement semblent rester lettre morte. Les anciens employés déplorent un statu quo qui rappelle tristement la gestion sous l’ancien régime d’Ali Bongo Ondimba.
Une administration provisoire en attente
L’une des mesures phares pour tenter de sauver Africa N° 1 consiste en la mise en place d’une administration provisoire. Ce projet, qui figure parmi les priorités de la ministre de la Communication, Laurence Ndong, reste toutefois bloqué. Les anciens agents estiment que cette étape cruciale pourrait permettre de clarifier les responsabilités, d’établir un plan de remboursement de la dette et de poser les bases d’une relance effective.
Un appel à l’action
Face à cette impasse, les ex-employés adoptent une posture conciliatrice. Ils demandent une audience avec le président de la transition pour présenter leurs revendications et discuter des solutions possibles. Leur objectif n’est pas seulement de régler leurs droits, mais aussi de contribuer à la redynamisation du secteur médiatique au Gabon.
« Nous ne voulons pas d’affrontement, mais des solutions. Africa N° 1 représente une partie de l’identité culturelle et médiatique de notre pays. Il est urgent d’agir », déclarent-ils. Le groupe appelle à une volonté politique ferme pour sortir ce symbole médiatique de l’ornière.
Un patrimoine médiatique à sauvegarder
Africa N° 1, fondée en 1981, a été une véritable institution dans le paysage médiatique africain, diffusant des programmes qui ont marqué des générations. La situation actuelle pose la question de la préservation de ce patrimoine. La relance de la station pourrait non seulement redorer l’image du Gabon, mais aussi renforcer son influence sur la scène panafricaine.
Conclusion
Deux ans après le début de la transition, Africa N° 1 reste embourbée dans une crise sans précédent. Les anciens employés, lassés par l’immobilisme, plaident pour une action rapide et coordonnée afin de résoudre la dette et redonner vie à ce média emblématique. Il appartient maintenant aux autorités de traduire les promesses en actes pour préserver cet héritage et restaurer la confiance de ceux qui y ont consacré leur carrière.





