Ernest Ndong Nguema, troisième Directeur Général de Gab’Oil en un an, nommé le 19 décembre 2024, hérite d’une entreprise minée par des scandales financiers et une gouvernance chaotique. Sa mission : redresser un pilier stratégique de l’économie nationale.
La nomination d’Ernest Ndong Nguema à la tête de Gab’Oil intervient dans un climat de profonde instabilité. En moins d’un an, trois directeurs généraux se sont succédé, laissant derrière eux une société publique fragilisée par des malversations financières et une gestion inefficace. Cette situation a non seulement entaché la réputation de Gab’Oil auprès des partenaires et du grand public, mais également révélé des dysfonctionnements structurels nécessitant une réforme en profondeur.
Un dirigeant sous le feu des projecteurs
Malgré son expérience dans le secteur énergétique, le nouveau DG n’échappe pas à la controverse. Des critiques émergent sur son passé professionnel, alimentant des doutes quant à sa capacité à mener à bien les réformes nécessaires. Néanmoins, son défi immédiat sera de restaurer la confiance, en interne comme en externe, tout en assainissant les finances et en instaurant des mécanismes de contrôle rigoureux pour prévenir de nouvelles dérives.
Redresser un acteur clé de l’énergie
Gab’Oil, essentiel dans la distribution de produits pétroliers, est un maillon central de la stratégie énergétique gabonaise. Pour repositionner l’entreprise comme un acteur fiable et performant, Ernest Ndong Nguema devra :
- Renforcer la transparence des opérations ;
- Mettre en place des systèmes de contrôle efficaces ;
- Rationaliser l’organisation interne ;
- Élaborer une stratégie à long terme, incluant des partenariats solides avec le secteur privé et les autorités publiques.
Ces efforts devront s’inscrire dans une vision plus large, prenant en compte les défis globaux du secteur pétrolier, notamment la transition énergétique et la compétitivité sur le marché régional.
Vers une réorganisation du secteur pétrolier public ?
Au-delà de Gab’Oil, la situation pose une question cruciale : le modèle actuel des entreprises publiques pétrolières est-il viable ? Avec des acteurs comme Gab’Oil, Pizolub et la Société Gabonaise d’Entreposage de Produits Pétroliers (SGEPP), la fragmentation du secteur limite l’efficacité et accroît les coûts.
Certains experts plaident pour une fusion de ces entités en une structure unifiée, capable d’optimiser les ressources, coordonner les stratégies et améliorer la compétitivité. Une telle réforme pourrait renforcer le positionnement du Gabon sur le marché pétrolier international, tout en maximisant les retombées économiques pour le pays.
La mission d’Ernest Ndong Nguema ne se limite donc pas à redresser Gab’Oil, mais pourrait bien initier une transformation plus profonde du secteur énergétique gabonais.





