À l’occasion de la Journée internationale des migrants du 18 décembre 2024, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a dévoilé un rapport alarmant sur les conditions de travail des migrants au Gabon. Selon l’étude de 2023, un tiers des migrants dans le pays sont confrontés à des horaires de travail excessifs, un phénomène qui illustre la précarité et la vulnérabilité de cette population.
Une quête d’opportunités qui se transforme en exploitation
La majorité des migrants au Gabon, soit 65 %, ont quitté leur pays d’origine en quête de meilleures opportunités professionnelles et pour soutenir leurs familles. Cependant, une fois arrivés sur le territoire gabonais, beaucoup découvrent une réalité bien éloignée des promesses de meilleures conditions de vie et de travail. Selon l’OIM, 33 % des migrants sont soumis à des horaires de travail bien au-delà des 8 heures légales, et pour beaucoup, les heures supplémentaires ne sont même pas rémunérées de manière adéquate, en particulier parmi les travailleurs informels.
Des conditions de travail précaires, en grande majorité informelles
Le travail informel est une problématique majeure pour les migrants, avec plus de 70 % d’entre eux travaillant sans contrat formel. Cette situation touche principalement les femmes (79 %) et les hommes (73 %), ce qui accentue leur vulnérabilité face à l’exploitation. L’étude révèle que seuls 12 % des migrants ont un contrat de travail formel, ce qui rend difficile la reconnaissance de leurs droits et la régularisation de leurs conditions de travail.
Un écart inquiétant entre attentes et réalité
De nombreux migrants ont été mal informés avant leur départ, avec 41 % d’entre eux estimant que les conditions de travail réelles au Gabon ne correspondaient pas à celles qui leur avaient été décrites par leurs proches. Cette discordance entre les attentes et la réalité du marché du travail met en lumière la nécessité urgente de réformer les pratiques et d’améliorer la transparence des informations concernant les opportunités professionnelles.
L’importance de réformer les conditions de travail des migrants
Malgré ces conditions difficiles, les migrants jouent un rôle essentiel dans l’économie gabonaise. La majorité d’entre eux œuvrent dans le secteur du commerce, comblant des pénuries de compétences et contribuant à l’innovation. Leur travail soutient également les familles restées dans leur pays d’origine, favorisant le développement à l’échelle régionale et internationale.
Il est crucial que des mesures concrètes soient prises pour protéger les droits des migrants et leur offrir des conditions de travail plus humaines et équitables. L’amélioration de la régularisation des contrats de travail, l’encadrement des horaires et une meilleure information sur les conditions de travail sont des étapes essentielles pour garantir un environnement de travail digne et respectueux. Le Gabon doit veiller à ce que les migrants, qui jouent un rôle clé dans le développement économique, ne soient pas exploités mais puissent contribuer à une croissance inclusive et durable.





