Le « Menhir » de la politique française s’est éteint mardi 7 janvier à l’âge de 96 ans, à Garches, dans les Hauts-de-Seine. Jean-Marie Le Pen, cofondateur du Front national (aujourd’hui Rassemblement national), laisse derrière lui un héritage politique controversé, ayant marqué durablement le paysage politique français. De ses débuts modestes en Bretagne à son ascension fulgurante, retour sur une vie jalonnée de succès, de polémiques et de fractures familiales.
Une jeunesse marquée par le drame
Né le 20 juin 1928 à La Trinité-sur-Mer, en Bretagne, Jean-Marie Le Pen connaît une enfance modeste, bouleversée par la mort tragique de son père, marin-pêcheur, en 1942. Pupille de la nation à 14 ans, il développe rapidement un caractère déterminé et frondeur. Après des études mouvementées, il se lance dans des activités politiques en parallèle de petits métiers pour financer son parcours universitaire.
Les débuts en politique et l’engagement militaire
Le jeune Le Pen s’illustre par son éloquence dès ses années d’études à Paris. En 1956, il est élu député sous l’égide de Pierre Poujade. Son engagement en faveur de l’Algérie française le mène ensuite sur le front de la guerre, où son passage ne sera pas sans controverses, notamment autour de son rôle dans l’utilisation de la torture.
La création du Front national : un tournant historique
En 1972, Jean-Marie Le Pen cofonde le Front national, un parti destiné à relancer le nationalisme en France. D’abord marginal, le FN connaît une ascension progressive, portée par les talents oratoires de son chef et une rhétorique centrée sur l’immigration, l’identité nationale et la sécurité. Le Pen frappe un grand coup en 2002, en accédant au second tour de l’élection présidentielle, un choc pour la classe politique française.
Une carrière entachée de polémiques
Jean-Marie Le Pen est connu pour ses déclarations sulfureuses, notamment sur la Shoah, qu’il qualifie de « détail de l’histoire », ou encore ses propos polémiques sur l’immigration. Ces prises de position lui valent de nombreux procès et une condamnation morale quasi unanime de la classe politique.
La fracture familiale et la passation de pouvoir
En 2011, il cède la présidence du FN à sa fille, Marine Le Pen, qui amorce une stratégie de « dédiabolisation » du parti. Mais les tensions familiales éclatent au grand jour, et Jean-Marie Le Pen est évincé du parti qu’il a fondé. Jusqu’à la fin, il restera fidèle à ses convictions, tout en dénonçant la direction prise par sa fille.
Un héritage politique complexe
La disparition de Jean-Marie Le Pen marque la fin d’une époque pour l’extrême droite française. Tribun redouté et figure clivante, il laisse un héritage mêlé de succès politiques, de scandales et de fractures sociales. Si certains saluent un orateur hors pair et un homme de convictions, d’autres retiennent les propos incendiaires et les blessures causées à la société française.





