le Syndicat national des greffiers (Synagref) a annoncé une grève illimitée à partir du lundi 13 janvier, le ministre de la Justice, Paul-Marie Gondjout, s’est exprimé avec fermeté. Surpris par cette décision, il a dénoncé une démarche qu’il juge précipitée et contraire à l’esprit de dialogue, accusant les grévistes de nourrir des « desseins inavoués » et de poser des actes « antipatriotiques ».
Une grève jugée injustifiée
Le ministre rappelle que les négociations entre son département et le Synagref n’ont jamais été rompues. Selon lui, des avancées notables ont été réalisées sur les principales revendications des greffiers, notamment :
- Adoption d’un nouveau statut des greffiers : un texte finalisé et validé le 7 janvier 2025, en attente de transmission au Secrétariat général du gouvernement.
- Reclassement exceptionnel des greffiers : concrétisé par le décret présidentiel nº0148/PT-PR/MJGS du 4 avril 2024, revalorisant les salaires de 274 greffiers.
- Cartes professionnelles et macarons : des spécimens ont été présentés et la production est imminente.
- Costumes d’audience : commande effectuée, en attente de règlement par le Trésor Public.
Pour le ministre, ces éléments démontrent la volonté de l’État d’améliorer les conditions des greffiers.
« Des actes antipatriotiques »
Paul-Marie Gondjout a condamné la décision de grève qu’il qualifie d’« irresponsable » dans un contexte de Transition politique sensible. « Ces actions risquent de paralyser l’appareil judiciaire et de porter atteinte au bon fonctionnement de nos institutions », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que la loi nº18/92 encadrant le droit de grève dans la fonction publique impose un strict respect des procédures, notamment en cas de non-conciliation. Il a également instruit les chefs de juridictions de garantir le respect du service minimum et de la liberté de travail pour les agents non-grévistes.
Des soupçons sur les intentions des grévistes
Le ministre soupçonne certains acteurs du mouvement de chercher à saboter les efforts du gouvernement. « Ces desseins inavoués ne visent pas l’amélioration des conditions de travail mais plutôt la déstabilisation de nos institutions judiciaires », a-t-il affirmé, tout en appelant à la responsabilité des greffiers.
Alors que la menace de grève persiste, le ministre exhorte le Synagref à privilégier le dialogue et à respecter les engagements pris. Ce bras de fer entre le gouvernement et les greffiers risque de fragiliser un secteur déjà en quête de réformes profondes. Les jours à venir seront déterminants pour l’avenir des négociations et la stabilité de l’appareil judiciaire gabonais.





