Alors que la transition au Gabon prône l’unité et la réconciliation nationale, des déclarations attribuées au ministre des Affaires étrangères, Régis Onanga Ndiaye, ont suscité une vive controverse à Port-Gentil. Lors d’un rassemblement tenu le samedi 22 février 2025, ses propos sur la reconnaissance des peuples autochtones ont été perçus comme un facteur de division, notamment au sein de la communauté Mériès-Métiès de l’Ogooué-Maritime.
Une déclaration qui divise
L’événement, qui réunissait plusieurs figures politiques, dont Jean Ping et Michel Essonghe, visait officiellement à promouvoir le vivre-ensemble. Pourtant, loin d’apaiser les tensions, la rencontre a alimenté de nouveaux clivages. Régis Onanga Ndiaye a insisté sur la nécessité de respecter les peuples autochtones de la province en s’interrogeant :
« Quelle que soit la province, il y a des autochtones. Il n’est pas question que le bon vivre-ensemble soit menacé par des intérêts politiques. Vous formez une alliance contre qui ? Par rapport à qui dans l’Ogooué-Maritime ? »
Ces déclarations, faites devant une salle comble à la foire municipale Pierre-Louis Agondjo Okawe, ont immédiatement provoqué des réactions.
L’Alliance des anciens élus Mériès-Métiès monte au créneau
Percevant ces propos comme une attaque ciblée, l’Alliance des anciens élus Mériès-Métiès de l’Ogooué-Maritime, par la voix de son président, Jean-Philippe Douckagha, a dénoncé des déclarations jugées « haineuses, injurieuses, diffamatoires et tribalistes ». Dans une correspondance adressée au gouverneur, l’Alliance a annoncé l’organisation d’une marche populaire de protestation prévue pour le jeudi 27 février 2025.
« Nous ne pouvons tolérer de telles dérives venant d’un membre du gouvernement. Nous exigeons des explications et une prise de position claire des autorités de la transition », a déclaré Jean-Philippe Douckagha.
Selon lui, ces propos risquent de raviver des tensions ethniques et politiques dans une province où l’équilibre social demeure fragile.
Un contexte politique sous tension
Cette polémique survient dans un climat politique sensible, où la montée des discours identitaires pourrait compromettre les efforts de réconciliation. L’appel à la mobilisation de l’Alliance pourrait accentuer les clivages à Port-Gentil, ville déjà marquée par l’instrumentalisation politique des appartenances ethniques.
Reste à savoir si la marche de protestation sera autorisée par les autorités et si le gouvernement de transition interviendra pour calmer les tensions. En attendant, une question demeure : les propos de Régis Onanga Ndiaye relèvent-ils d’une simple maladresse ou traduisent-ils une volonté politique de cliver davantage la province ?





