Libreville, le 9 mars 2025 – Plus d’un mois après avoir suspendu leur grève pour ouvrir un dialogue avec les autorités, les candidats recalés du concours d’entrée à l’École nationale d’administration (ENA) ont repris leur mouvement, exigeant l’annulation du concours en raison d’irrégularités dans le processus de sélection.
Un mécontentement persistant
Après une première grève de 12 jours en janvier, les recalés avaient accepté de suspendre leur action pour permettre des discussions avec les autorités. « Grâce à notre grève, les autorités ont finalement accepté de nous recevoir », explique Basile Oyono, l’un des manifestants. Cependant, malgré la promesse d’une issue favorable, les semaines ont passé sans réponse concrète. « Nous avons accordé le bénéfice du doute, mais il est clair que cela n’a rien donné », déclare-t-il.
La situation dépasse leur cas personnel. « Nous nous battons pour garantir l’égalité des chances pour tous, afin que ce genre d’injustice ne se reproduise plus », ajoute M. Oyono.
Des irrégularités dénoncées
Les recalés affirment avoir identifié plusieurs dysfonctionnements dans l’organisation du concours, notamment des fraudes. Selon Ulrick Nguema, un autre candidat recalé, « des candidats non admissibles ont été déclarés admis ». Ils revendiquent également l’annulation des résultats sur la base de l’article 23 du Journal officiel n°22 et 23 du 1er octobre 1976, qui stipule que des irrégularités constatées peuvent faire l’objet d’un recours administratif.
Les manifestants disposent, selon leurs dires, de preuves concrètes de fraudes, notamment l’admission de personnes n’ayant même pas passé le concours.
Le dialogue au point mort
Malgré plusieurs démarches auprès du Conseil d’État, du Premier ministre, et d’autres autorités, les recalés affirment que leurs recours n’ont reçu aucune réponse. « L’administration semble ignorer les preuves de fraude que nous avons soumises », se désole Issa Moussavou, un autre candidat recalé.
Une crise révélatrice
Cette crise met en lumière des failles profondes dans le système de recrutement à la fonction publique, malgré les déclarations du gouvernement sur son engagement pour la transparence et contre la corruption. Les recalés posent ainsi une question cruciale : comment garantir à l’avenir un système de sélection équitable et méritocratique ?
Face à l’impasse, les manifestants ont annoncé qu’ils poursuivront leur mouvement jusqu’à l’obtention d’une solution.





