La candidature du Général Brice Clotaire Oligui Nguema à l’élection présidentielle du 12 avril 2025 continue de susciter la controverse. Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre et candidat déclaré, pointe du doigt une irrégularité juridique dans la procédure ayant permis au chef de la transition de se présenter. Selon lui, cette situation crée un vide institutionnel inquiétant, transformant la transition en un véritable « coup d’État permanent ».
Une procédure contestée
Dans une déclaration faite le 10 mars, Bilie-By-Nze remet en cause la légalité de la mise en disponibilité du Général Oligui Nguema. Selon lui, cette décision ne relève pas du ministre de la Défense, mais doit impérativement être actée par un décret présidentiel.
« Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la loi gabonaise. La mise en disponibilité signifie qu’on n’est plus en activité dans l’armée. Or, un général ne peut pas être un simple militaire. Cette décision devait être prise par décret présidentiel. Alors, puisque ce décret n’existe pas, qui commande désormais la Garde républicaine ? Qui dirige réellement le CTRI ? », s’est-il interrogé.
Pour l’ancien Premier ministre, cette anomalie constitue un vide juridique et politique majeur, remettant en question la légitimité même de la transition.
Une transition sans légitimité ?
Alain-Claude Bilie-By-Nze va plus loin en affirmant que la transition a perdu toute légalité depuis la mise en disponibilité de son chef. Selon lui, si Oligui Nguema n’est plus un militaire actif, il ne peut plus prétendre être le président d’une transition issue d’un coup d’État militaire.
« Nous vivons un coup d’État permanent. Le Gabon n’a plus de dirigeant depuis que le Général Oligui a demandé sa mise en disponibilité. Voici les conséquences de l’improvisation et des manœuvres visant à tromper les Gabonais », a-t-il dénoncé.
Pour l’opposant, cette situation prouve que la transition initiée après le coup d’État du 30 août 2023 par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), dirigé par Oligui Nguema, n’a jamais réellement eu pour but de restituer le pouvoir aux civils, mais plutôt de légitimer un maintien au pouvoir.
Un appel à la clarification
Face à cette situation, Bilie-By-Nze exige des explications claires de la part du CTRI sur la base juridique qui permet à Oligui Nguema de rester à la tête de la transition. Il appelle également les autres candidats et la société civile à ne pas cautionner ce qu’il considère comme une mascarade électorale.
Alors que l’élection présidentielle du 12 avril approche, cette contestation pourrait fragiliser encore davantage la crédibilité du scrutin. Reste à savoir si les autorités répondront à ces accusations ou si cette controverse ne fera qu’accentuer les tensions politiques dans un pays déjà marqué par de nombreuses crises institutionnelles.





