Le Gabon amorce une nouvelle phase de sa politique de développement local avec le lancement, par le gouvernement, de l’atelier de programmation des investissements du Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC). À travers l’élaboration du Plan de travail budgétisé annuel (PTBA 2025-2026) et la définition d’un Cadre de suivi-évaluation rigoureux, les autorités entendent traduire les ambitions sociales du Chef de l’État en actions concrètes, ciblées et à fort impact.
Un atelier stratégique pour une planification rigoureuse
Réunis autour d’une cinquantaine d’experts pluridisciplinaires issus du ministère de la Planification et de la Prospective, ainsi que des ministères sectoriels concernés, les travaux visent à structurer la mise en œuvre du PUDC selon quatre axes prioritaires. Objectif : planifier de manière opérationnelle et budgétaire des projets d’urgence qui toucheront directement les populations des neuf provinces du pays.
Le vice-premier ministre, Alexandre Barro Chambrier, a donné le ton dès l’ouverture de l’atelier en appelant à « une programmation opérationnelle rigoureuse, alignée sur les orientations du Projet de Société du Président de la République, intégrant les exigences de bonne gouvernance, d’efficacité et d’impact durable ».
Un programme pour combler les fractures sociales et territoriales
Le PUDC se présente comme une réponse immédiate aux inégalités persistantes entre les centres urbains et les zones rurales ou périurbaines, longtemps marginalisées dans l’accès aux services sociaux de base. Concrètement, il s’agira de désenclaver les villages à travers la réhabilitation de routes rurales, d’installer plus de 1 000 forages pour améliorer l’accès à l’eau potable, d’assurer un éclairage public via l’énergie solaire, de renforcer les infrastructures scolaires et sanitaires, et de promouvoir les activités génératrices de revenus pour les jeunes et les femmes.
Doté d’un budget de 120 milliards de FCFA et prévu pour une durée de 30 mois à compter de mars 2025, le programme devra produire des résultats visibles dès ses premiers mois d’exécution : réhabilitation d’écoles, construction de centres de santé, distribution d’eau et d’électricité, mais aussi soutien au développement local dans les secteurs agricoles, halieutiques et artisanaux.
Le PNUD en soutien pour un pilotage efficace
Pour garantir une mise en œuvre efficiente, le gouvernement s’appuie sur l’expertise technique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), reconnu pour sa capacité d’intervention dans les contextes d’urgence et en milieu rural. Le Cadre de suivi-évaluation conçu dans le cadre de l’atelier permettra une lecture en temps réel des avancées sur le terrain, facilitant les ajustements nécessaires pour optimiser l’impact du programme.
« Il est désormais crucial de donner, dès les prochains mois, des réponses appropriées aux besoins exprimés par les populations », a souligné Alexandre Barro Chambrier, rappelant l’urgence et la responsabilité qui pèsent sur les institutions dans cette phase de redressement.
Vers un PTBA crédible et un développement équitable
En définitive, la tenue de cet atelier marque un tournant dans la gouvernance du développement communautaire au Gabon. À son issue, le gouvernement disposera d’un Plan de travail budgétisé 2025-2026 clair, réaliste et soutenable, ainsi que d’un cadre de pilotage permettant de suivre les progrès et d’assurer une redevabilité continue.
Le PUDC s’affirme ainsi comme un levier stratégique pour accélérer l’inclusion territoriale, réduire les inégalités sociales, et instaurer une dynamique de développement équitable au service des Gabonais. À travers cette démarche, l’État pose les fondations d’un changement tangible et durable, porté par une volonté politique assumée et un pilotage technique rigoureux.





