Lors d’une rencontre tenue le 7 mai 2025 avec les dirigeants des 104 partis politiques légalement reconnus, le président de la République a clarifié sa position sur la réforme du paysage politique national : « Je n’y suis pour rien, mais pour maintenir un parti politique, il faudra désormais compter au moins cinq parlementaires et trente élus locaux. » Cette déclaration a posé les bases des discussions à venir dans le cadre des commissions sur la révision de la loi 24/96 du 6 juin 1996 relative aux partis politiques, ainsi que sur le redécoupage électoral.
Vers une rationalisation du paysage politique
Au cœur des prochaines négociations entre l’État et les partis politiques : les recommandations issues du Dialogue national inclusif. Celles-ci visent à réorganiser un champ politique jugé trop éclaté. La création ou le maintien d’un parti politique sera désormais soumise à des conditions plus strictes : disposer d’au moins 18 000 membres répartis sur l’ensemble du territoire national, avoir un siège officiel, un compte bancaire dédié, et une liste unique de ses adhérents. Chaque formation devra également s’inscrire dans l’un des quatre grands blocs idéologiques définis, avec une ligne politique claire.
Ces exigences visent à endiguer la prolifération des micro-partis dépourvus de représentativité ou de vision programmatique cohérente.
Une professionnalisation assumée de la vie politique
Pour les partis déjà existants, le maintien de leur reconnaissance légale dépendra désormais d’une présence minimale de cinq parlementaires et de trente élus locaux. Une mesure qui a suscité de vifs débats lors de la réunion du 8 mai, convoquée par le Conseil national de la démocratie. Cette orientation entend favoriser le regroupement autour de projets politiques structurés et crédibles.
Autre mesure phare : l’interdiction faite aux membres des forces de sécurité, aux magistrats, aux agents des médias publics et aux responsables religieux de militer dans un parti politique, sauf en cas de mise en disponibilité.
Un nouveau cadre pour le financement politique
La réforme touche également au financement des partis. Le soutien public sera désormais conditionné à la représentativité électorale : seuls les partis disposant du minimum requis d’élus pourront bénéficier de ressources publiques. En complément, un plafonnement des financements privés lors des campagnes électorales est envisagé, dans le but d’assurer une plus grande équité entre formations et de limiter les risques de corruption.
En somme, cette réforme ambitieuse entend assainir le fonctionnement des partis politiques, renforcer leur ancrage populaire, et poser les bases d’une vie politique plus professionnelle, plus crédible et plus transparente.





