jeudi, janvier 22, 2026
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Déguerpissements à Libreville : incompréhension et colère dans les quartiers ciblés

Le compte à rebours a commencé. À SNI-Owendo et aux Charbonnages, deux quartiers populaires de Libreville, les habitants vivent sous la menace d’un déguerpissement imminent. Depuis dimanche, une note d’avertissement leur donne 72 heures pour quitter les lieux. Un délai court, une ambiance lourde, et une population partagée entre résignation, incompréhension et colère.

Des murs marqués, des cœurs ébranlés

Depuis lundi, les murs des maisons et des commerces à SNI-Owendo portent une inscription sans équivoque : « ADM 72 heures ». Cette mention, apposée par les autorités de l’Agence de Développement du Grand Libreville, signifie l’évacuation imminente des lieux pour permettre des travaux de salubrité et d’aménagement urbain.

Sur place, le contraste est frappant. Tandis que les commerçants empaquettent à la hâte leurs marchandises, les familles, elles, s’activent dans la confusion. Beaucoup affirment n’avoir reçu aucune notification officielle, ni être inscrits sur une quelconque liste. « Le climat ici, c’est l’incompréhension totale », confie William, un riverain interrogé par L’Union. « On nous demande de partir, mais on ne nous dit ni où aller, ni comment survivre après. »

Charbonnages : désolation et sentiment d’abandon

À Charbonnages, même scénario. Des boutiques abandonnées, des toits vides, et des habitants qui quittent précipitamment ce qui fut parfois leur seul lieu de vie et de travail. Pour ceux qui restent, la résignation domine. « On sait que c’est fini. On n’a plus qu’à regarder nos maisons tomber », murmure une habitante, visiblement éprouvée.

Les précédentes vagues de démolition – à Plaine-Orety, Derrière-l’Ambassade de Chine ou encore Bas-de-Gué-Gué – ont laissé des souvenirs amers. Ici, la peur ne vient pas seulement des bulldozers, mais de l’absence de réponses claires et de dispositifs d’aide.

Un projet urbain nécessaire, mais à quel prix ?

Les autorités défendent l’opération au nom de la salubrité, de la sécurité urbaine et de la modernisation du Grand Libreville. L’objectif affiché : réorganiser l’espace urbain, libérer les emprises publiques, lutter contre l’insalubrité chronique. Mais sur le terrain, les habitants dénoncent un manque d’humanité et de communication, pointant une transition menée sans accompagnement social digne de ce nom.

Si l’on comprend la nécessité d’un urbanisme maîtrisé, la brutalité de l’exécution inquiète. « Nous ne sommes pas contre le développement, mais pourquoi nous traiter comme des clandestins sur notre propre terre ? », lance un commerçant, les larmes aux yeux.

Entre volonté politique et choc social

Ces opérations s’inscrivent dans la dynamique de transformation urbaine impulsée par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema. Mais la fracture entre les intentions politiques et les réalités sociales devient criante. Sans plan de relogement, aide à la réinsertion ou indemnisation équitable, les habitants se sentent abandonnés.

Les ONG locales et les associations de défense des droits sociaux appellent à un moratoire, le temps de mettre en place des solutions humaines pour les populations impactées.

Construire sans détruire les vies

La modernisation des villes africaines est une urgence, mais elle ne peut se faire au détriment des plus vulnérables. À SNI-Owendo comme aux Charbonnages, ce ne sont pas seulement des murs qui tombent, ce sont des repères, des souvenirs, des vies entières qui vacillent sous les coups de pelleteuses.

En définitive, si l’État veut bâtir une capitale moderne, il doit aussi bâtir la confiance. Et cela commence par le dialogue, la justice sociale et un minimum d’humanité dans les procédures.

Wilfried
Wilfried
Jayson est un rédacteur passionné par l'écriture et la communication. Fort d'une expérience dans le domaine du contenu web, il se spécialise dans la rédaction d'articles informatifs et de blogs optimisés pour le SEO. Toujours à l'écoute des tendances du marché, Jean s'efforce de produire des textes clairs, engageants et adaptés aux besoins de ses lecteurs. En dehors de sa carrière professionnelle, il aime lire des romans contemporains et explorer de nouvelles idées à travers des projets créatifs.

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