Dans un climat judiciaire déjà sous tension, la visite d’agents de la Direction Générale des Recherches (DGR) ce lundi 7 juillet 2025 au cabinet de Me Gisèle Eyue Bekale, avocate de Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Noureddin Bongo Valentin, suscite interrogations et préoccupations au sein de l’opinion publique.
Une visite remarquée, mais sans saisie ni fouille
Selon plusieurs sources concordantes, relayées notamment par le média Le Gabonais, des éléments de la DGR, une unité spécialisée de la gendarmerie nationale, se sont présentés dans l’après-midi dans les locaux du cabinet situé à Libreville. Aucune perquisition n’a été menée, comme l’ont confirmé des proches de l’avocate et certains journalistes spécialisés dans le suivi des affaires judiciaires sensibles au Gabon.
« Des agents de la DGR sont effectivement venus au cabinet. Ils ont demandé à voir Maître Eyue Bekale, mais sans fournir de justification formelle à leur présence. Il n’y a eu ni saisie de documents, ni fouille des lieux », indique un journaliste judiciaire contacté par Dépêches 241.
Un contexte explosif
Cette visite survient au lendemain de la diffusion de vidéos très médiatisées impliquant Sylvia Bongo et son fils, et dans lesquelles ces derniers dénoncent des pressions psychologiques, des conditions de détention dégradantes et une instrumentalisation présumée de la justice gabonaise. Ces éléments ont relancé le débat sur l’équilibre des pouvoirs et la gestion de ce dossier à forte portée politique.
Si la DGR n’a pour l’instant fait aucune déclaration officielle, cette intervention suscite de nombreuses spéculations, notamment sur l’éventuelle volonté des autorités judiciaires de scruter les liens entre l’équipe de défense et les communications diffusées récemment dans les médias et sur les réseaux sociaux.
La défense sous pression ?
Pour les observateurs, cette démarche pourrait traduire une tentative d’intimidation indirecte ou une stratégie visant à surveiller de près les relais juridiques du clan Bongo-Valentin, dans une affaire désormais suivie à l’international. Certains y voient aussi une manière de tester les réactions du barreau et des acteurs judiciaires, à quelques mois du procès prévu en novembre prochain.
Maître Eyue Bekale, jusque-là discrète dans les médias, pourrait être amenée à clarifier sa position dans les jours à venir, alors que la défense s’organise pour répondre à ce qu’elle qualifie déjà d’acharnement judiciaire.





