Au Gabon, les femmes vivent en moyenne cinq ans de plus que les hommes : 68 ans contre 63 ans, selon le Rapport sur le développement humain 2023-2024. Cet écart, déjà présent en 2004, s’est élargi au fil du temps, traduisant une tendance de fond. Alors que l’espérance de vie globale progresse lentement dans le pays, celle des femmes augmente plus rapidement, accentuant cette disparité entre les sexes.
Des causes biologiques et comportementales
Les facteurs biologiques jouent un rôle certain. Les femmes bénéficient d’une meilleure résistance naturelle à certaines maladies et adoptent globalement des comportements plus prudents en matière de santé. Les hommes, eux, sont davantage sujets à la consommation d’alcool, au tabagisme, aux accidents professionnels ou routiers, et consultent moins régulièrement les services médicaux.
Le poids du contexte social
Au-delà de la biologie, le contexte socio-économique influence fortement la longévité. Malgré les discriminations qu’elles subissent, les femmes gabonaises semblent tirer parti des politiques publiques visant à renforcer leur accès à l’éducation, à la santé et à l’autonomie économique. La « Décennie de la femme gabonaise », lancée en 2015, a marqué une étape importante dans cette dynamique de changement.
Des avancées encore fragiles
Les progrès législatifs peinent toutefois à se traduire pleinement dans la réalité. Les femmes restent confrontées à des violences domestiques, à des grossesses précoces — touchant près de la moitié des adolescentes —, et à une sous-représentation dans les sphères de pouvoir. Si elles vivent plus longtemps, c’est souvent dans un environnement encore marqué par les inégalités et les injustices.
Vers une égalité de qualité de vie
L’allongement de la vie féminine ne peut être pleinement salué sans une amélioration parallèle de ses conditions. Pour que cette longévité soit synonyme de dignité et de bien-être, il est essentiel d’intensifier les efforts en faveur de l’égalité entre les sexes. Car une société équilibrée repose autant sur la durée de vie que sur la qualité de celle-ci, pour toutes et tous.





