jeudi, janvier 22, 2026
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Eramet face au réveil gabonais : quand le ton condescendant de Christel Bories ravive les tensions

Les récentes prises de parole de Christel Bories, PDG du groupe minier français Eramet, suscitent un vif agacement au Gabon. Alors que le pays affiche clairement sa volonté de transformer localement son manganèse, la dirigeante, en multipliant les interventions médiatiques en France, a laissé transparaître une posture jugée condescendante par de nombreux observateurs.

Une souveraineté industrielle sous-estimée

Derrière un discours apparemment technique et rationnel, c’est une vision néo-coloniale qui se profile : celle d’un grand groupe français doutant ouvertement de la capacité d’un pays africain à prendre en main son développement industriel. Sans le dire frontalement, Christel Bories suggère que le Gabon ne disposerait ni des compétences, ni des infrastructures, ni de l’environnement adapté pour mener à bien une telle transformation. Un jugement à peine voilé, perçu comme un mépris à l’égard des ambitions souveraines de Libreville.Le Gabon, à l’instar de plusieurs pays africains, cherche aujourd’hui à rompre avec le modèle hérité de la Françafrique. Sa stratégie : transformer sur place ses ressources et s’insérer de manière plus équitable dans les chaînes de valeur mondiales. En face, Eramet campe sur une vision révolue où les multinationales dictent encore leur loi.

L’Afrique n’est plus spectatrice

Ce refus implicite de reconnaître la légitimité de la démarche gabonaise renvoie à une lecture paternaliste des relations économiques Nord-Sud. Pourtant, l’Afrique ne se contente plus d’être un simple réservoir de matières premières. Elle entend devenir actrice à part entière de son destin économique. Le Botswana, l’Indonésie ou encore la Namibie ont déjà emprunté cette voie avec succès. Pourquoi pas le Gabon ?

Dialogue manqué, opportunité gâchée

Plutôt que de construire un partenariat renouvelé, la posture d’Eramet semble figée. Une attitude jugée défensive, voire arrogante, à contre-courant des dynamiques mondiales actuelles. Dans un contexte où les besoins en métaux critiques explosent, où la pression pour des chaînes d’approvisionnement éthiques se renforce, la coopération devient incontournable. Ignorer cette évolution, c’est risquer de se mettre en marge d’un monde en mutation.Libreville ne réclame ni assistance ni condescendance. Il exige simplement le respect : celui de ses choix, de ses capacités, et de sa jeunesse formée. En affichant une vision rétrograde, Christel Bories a raté une chance. Celle de tourner la page du passé pour entrer dans une logique de co-construction, plus juste et plus équilibrée.

Une fracture révélatrice

Au fond, ce différend dépasse les frontières du Gabon. Il cristallise l’opposition entre un capitalisme extractif attaché à ses privilèges, et une Afrique en quête de souveraineté économique. Le message est clair : les anciennes recettes ne fonctionnent plus. Les partenaires de demain seront ceux qui écouteront les aspirations des peuples africains. Les autres, tôt ou tard, seront poussés vers la sortie.

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