La récente note du ministère de l’Économie et la série de réunions techniques entre l’ANINF et la Fonction publique en disent long : la mise à jour du Fichier unique de référence (FUR) refait surface comme une priorité gouvernementale. Derrière cette opération administrative se dessine peut-être les prémices d’un nouveau recensement des agents publics, dans un contexte où la maîtrise des effectifs et la réduction des dépenses de l’État restent des enjeux centraux.
Un recensement qui ne dit pas encore son nom
Depuis début juillet, plusieurs ministères, dont celui de l’Environnement et celui de la Santé, ont été appelés à remplir une nouvelle fiche de collecte de données destinée à la Direction de la Solde. Officiellement, il s’agit de mettre à jour les données existantes et de procéder à une codification plus fine des postes budgétaires. Toutefois, plusieurs indices laissent penser qu’il s’agirait d’une nouvelle campagne de recensement, plus discrète mais tout aussi stratégique.
Cette opération, pilotée en sous-main par le ministère des Finances, fait écho aux engagements pris depuis 2017 dans le cadre du Plan de relance économique (PRE) et s’inscrit dans une volonté de modernisation numérique de l’administration. Pour cela, le FUR demeure l’outil central de gestion des ressources humaines de l’État.
Une refonte au service de la rigueur budgétaire
Le 2 juin dernier, les échanges entre l’ANINF et les services de la Fonction publique ont confirmé le lancement d’un processus de refonte du FUR, prévu pour durer 13 mois. Objectif affiché : bâtir un système d’information cohérent et renforcer le contrôle des effectifs réels de l’administration. Une démarche qui prend tout son sens après les nombreux dysfonctionnements relevés lors du précédent recensement biométrique.
Entre 2019 et 2020, les données avaient révélé que près de 14 000 agents étaient soit non recensés, soit en situation irrégulière. Le manque à gagner pour les finances publiques était estimé à près de 96 milliards de FCFA par an. En réponse, une « seconde chance » leur avait été accordée en 2020, puis une nouvelle opération de vérification, postérieure au « Coup de libération », avait abouti à la mise sous bon de caisse de 13 000 fonctionnaires.
Des enjeux humains et juridiques en suspens
Si le gouvernement entend maximiser les économies en supprimant les postes fictifs, certaines zones d’ombre demeurent. Parmi les agents suspendus, 2 000 personnes n’ont toujours pas récupéré leur bon de caisse, mais d’autres, bien qu’en poste, restent sans salaire malgré des justificatifs fournis. Des cas qui soulèvent des préoccupations juridiques, notamment vis-à-vis du statut général de la fonction publique qui impose un traitement sous quatre mois après suspension.
Ces irrégularités sont autant de défis à résoudre pour les autorités. D’autant que le colloque gouvernemental d’octobre 2024 avait chiffré les économies potentielles à plus de 8 milliards de FCFA par an, en cas de suspension définitive des agents « fantômes ».





