Libreville, 19 juillet 2025 – Une page se tourne dans l’histoire politique gabonaise. Jean-François Ntoutoume Émane, figure majeure de la scène nationale depuis plus de quatre décennies, a officiellement annoncé ce samedi son retrait définitif de la vie politique active. C’est depuis Libreville, lors d’une conférence de presse, que le président du Rassemblement des Patriotes Républicains (RPR) a confirmé sa décision, précisant qu’un dernier congrès du parti se tiendrait prochainement pour acter son absorption par l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), le mouvement fondé par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Un départ voulu lucide et réfléchi
« Mon rôle va désormais se limiter à donner des conseils avisés à ceux qui me le demanderont, et à témoigner de ce que j’ai vécu, par la parole ou par l’écrit : on appelle ça des mémoires », a déclaré avec gravité l’ancien Premier ministre, désormais âgé de 85 ans. S’il quitte les arènes politiques, Ntoutoume Émane n’entend pas disparaître du débat public, préférant désormais transmettre son expérience dans un rôle d’observateur éclairé.
Un acteur de premier plan pendant plus de 40 ans
Engagé dès l’époque d’Omar Bongo Ondimba, Jean-François Ntoutoume Émane a marqué de son empreinte plusieurs décennies de vie publique au Gabon. Ministre, Premier ministre de 1999 à 2006, puis maire de Libreville, il a occupé des fonctions stratégiques, se forgeant une réputation d’homme d’État érudit, que son surnom de « Jacky mille diplômes » illustre à merveille.
Le prochain congrès du RPR, annoncé dans les tout prochains jours, viendra sceller symboliquement la fin de son parcours politique et la fusion de son parti avec l’UDB. Ce passage de témoin, voulu ordonné et serein, s’inscrit dans une volonté de continuité au sein du paysage politique gabonais.
Une sortie qui suscite attention et respect
Le départ de Ntoutoume Émane, s’il était attendu, marque la fin d’un chapitre important de la vie politique nationale. Les regards sont désormais tournés vers l’organisation du congrès et les conséquences de cette fusion sur l’équilibre des forces politiques. Plus largement, c’est toute une génération qui s’efface, laissant place à de nouveaux visages, mais aussi à l’héritage d’un homme qui, jusqu’au bout, aura voulu conjuguer dignité, transmission et loyauté institutionnelle.





