Le gouvernement gabonais accélère sa stratégie de développement minier avec des projets d’infrastructure d’envergure et une politique de transformation locale. Objectif : faire du secteur minier un moteur majeur de l’économie nationale.
Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa volonté de diversifier son économie. En marge d’une mission économique à Abuja, le gouvernement a signé une série d’accords de financement d’un montant global de plus de 1 600 milliards de FCFA, visant à soutenir ses projets miniers structurants. À terme, ce sont près de 15 000 milliards de FCFA qui devront être mobilisés pour mener à bien l’ensemble de sa vision stratégique.
Des infrastructures pour accompagner l’essor minier
L’un des piliers de cette stratégie repose sur la construction d’infrastructures essentielles autour de plusieurs gisements à fort potentiel comme Belinga, Baniaka, Milingui et Doussé-Goussou. Parmi les projets annoncés :
– une ligne de chemin de fer reliant Belinga à Mayumba ;
- – un port en eau profonde à Basse-Banio ;
– une centrale hydroélectrique à Booué,
– Ds routes stratégiques facilitant l’accès aux sites miniers.
Ces infrastructures sont conçues pour améliorer la logistique et renforcer la compétitivité du secteur.
Cap sur la transformation locale
Dans une logique de création de valeur ajoutée sur le territoire, le gouvernement prévoit l’interdiction d’exporter du manganèse brut à partir de janvier 2029. Cette mesure vise à encourager la transformation locale, à stimuler l’industrialisation et à générer des emplois qualifiés. Un changement de paradigme qui s’inscrit dans une vision de souveraineté économique.
Gouvernance et formation au cœur de la réforme
Le ministère des Mines prévoit également une réforme profonde de l’administration minière, avec la mise en place d’antennes déconcentrées à Makokou et Franceville et la création de programmes de formation technique et professionnelle dans les métiers liés au secteur (géologie, métallurgie, gestion environnementale…). Parallèlement, des efforts seront déployés pour renforcer la gouvernance, la transparence et l’attractivité du secteur auprès des investisseurs. Le ministre des Mines, Gilles Nembé, a insisté sur la nécessité d’un cadre juridique solide, capable de garantir une répartition équitable des retombées économiques.
Des ambitions à la hauteur des défis
Avec ce vaste plan de transformation, le Gabon veut faire du secteur minier un véritable levier de croissance durable, en remplacement progressif du modèle basé sur les hydrocarbures. Si les annonces traduisent une réelle ambition, leur concrétisation dépendra de la capacité du gouvernement à mobiliser les financements, conduire les réformes institutionnelles nécessaires, et garantir une gestion rigoureuse et inclusive. - Les premiers chantiers devraient être lancés dès 2025, avec une montée en puissance progressive jusqu’en 2030.





