Libreville, juillet 2025 – Dans le paysage politique gabonais en pleine recomposition, la circulaire récemment signée par le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Hermann Immongault, s’impose comme une mesure de bon sens, saluée par plusieurs observateurs. À l’approche des élections législatives et locales, elle rappelle avec fermeté un principe fondamental de la démocratie : on ne saurait être juge et partie.
Une clarification salutaire
Désormais chargé de l’organisation des scrutins et du référendum, Hermann Immongault a décidé d’interdire aux délégués spéciaux de se porter candidats sans avoir, au préalable, démissionné de leurs fonctions. Cette décision, loin d’être un acte d’autorité mal placé, répond à un impératif d’éthique et de cohérence institutionnelle.
Il s’agit de mettre un terme à une situation ambiguë, où certains délégués spéciaux – agents de l’État, nommés pour gérer les affaires locales – pourraient se retrouver en position de candidats, tout en conservant un pouvoir d’influence dans le processus électoral. Ce fut le cas lors de la présidentielle du 12 avril et du référendum qui l’a précédée, où plusieurs délégués spéciaux ont dirigé les commissions électorales locales.
Éviter les conflits d’intérêts
En s’attaquant à cette dérive, le ministre de l’Intérieur réaffirme l’importance de la séparation entre les fonctions administratives et les ambitions politiques. Sa démarche vise à renforcer la confiance dans le processus électoral en cours, dans un pays où la transparence et l’impartialité des scrutins ont souvent été mises en cause dans le passé.
Cette décision est aussi le reflet de la volonté affichée par les autorités de la Transition de consolider les acquis du 12 avril, date du retour à l’ordre constitutionnel, en conservant une organisation électorale stable et crédible. L’organisation du référendum et de la présidentielle n’ayant pas été contestée dans sa forme, le gouvernement semble vouloir capitaliser sur cette dynamique.
Un test de cohérence pour les prétendants
Pour les délégués spéciaux aspirant à un mandat électif, le message est clair : il faudra choisir. Soit continuer à servir l’administration, soit se lancer librement dans la bataille politique. La circulaire du ministre les invite à franchir le pas, dans le respect des règles du jeu démocratique.
Ceux qui croient fermement à leur capacité de convaincre les électeurs prendront, à n’en pas douter, le risque de quitter leur fauteuil administratif pour celui, plus incertain, de candidat.
En somme, loin d’être une mesure controversée, la décision d’Hermann Immongault vient mettre de l’ordre dans un contexte électoral sensible, et confirme l’engagement du gouvernement de Transition à promouvoir une gouvernance électorale exemplaire, condition sine qua non d’un avenir politique apaisé au Gabon.





