jeudi, janvier 22, 2026
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Poison dans l’assiette : l’alerte sur les denrées camerounaises au Gabon

Une abondance qui inquiète

Les étals gabonais regorgent de produits venus du Cameroun : bananes plantains, tomates, piments, poissons, oignons ou atangas. Une apparente richesse alimentaire qui rassure, mais qui pourrait cacher un danger sanitaire majeur. La question se pose avec insistance : le Gabon doit-il interdire ces importations pour protéger ses consommateurs ?

Une dépendance structurelle

Chaque année, le Gabon importe pour plus de 150 milliards de FCFA de denrées alimentaires. Une large part de cette dépendance repose sur le Cameroun, principal fournisseur des marchés gabonais. Ce recours massif s’explique par la faiblesse de l’agriculture locale, incapable de nourrir la population. Résultat : des centaines de camions franchissent la frontière chaque jour, chargés de produits dont la sécurité sanitaire est aujourd’hui remise en cause.

Le spectre du formol

Parmi les pratiques les plus préoccupantes, l’usage du formol, substance classée cancérigène depuis 2004, inquiète. Ce produit est utilisé illégalement pour faire mûrir les fruits en un temps record ou dissimuler la décomposition des poissons et viandes. À Douala, Yaoundé ou Ebolowa, cette méthode est connue mais reste tolérée, encouragée par la recherche de profit, l’absence de chaîne du froid et des contrôles sanitaires défaillants. Le formol, inodore et incolore à faible dose, empoisonne lentement, sans éveiller les soupçons.

Des résidus chimiques invisibles

Outre le formol, plusieurs analyses ont révélé la présence de pesticides interdits comme le DDT dans le maïs, les haricots ou les piments. Ces produits, soupçonnés de provoquer cancers, infertilité et troubles neurologiques, sont toujours présents sur les marchés. Les arachides, le manioc ou encore le poisson fumé présentent, eux, des mycotoxines liées à des cancers digestifs. Le poisson fumé, souvent préparé avec des pneus ou des freins usagés, contient aussi des métaux lourds comme le plomb ou le cadmium, responsables de maladies chroniques et cardiovasculaires.

Des contrôles quasi inexistants

L’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA), en première ligne sur ces questions, ne dispose pas des moyens nécessaires pour contrôler efficacement les cargaisons à la frontière. À Eboro, seuls quelques contrôles aléatoires sont effectués, sans régularité ni véritable profondeur. Dans ces conditions, des tonnes de produits potentiellement toxiques continuent d’envahir les marchés nationaux, sous le regard impuissant des autorités.

Un choix politique urgent

Le Gabon peut-il rester passif face à cette menace ? La question mérite d’être posée. Un moratoire, voire une interdiction temporaire des produits alimentaires camerounais, pourrait marquer un tournant dans la gestion de cette crise sanitaire latente. Alors que la souveraineté alimentaire devient un enjeu stratégique, il est temps pour le pays de reprendre le contrôle de ce qui nourrit sa population. Faute de quoi, les Gabonais continueront à s’empoisonner lentement, sans le savoir.

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