Libreville, juillet 2025 – Le Gabon amorce un virage décisif dans la gestion de ses ressources minières. Le Gouvernement a annoncé une mesure forte : l’interdiction progressive de l’exportation du manganèse brut d’ici 2029. Objectif : favoriser la transformation locale de cette ressource stratégique afin de créer de la valeur ajoutée, de l’emploi et renforcer la souveraineté économique du pays.
Une décision qui s’inscrit dans la volonté de rompre avec le modèle extractiviste traditionnel. Le ministre des Mines, Gilles Nembe, a précisé que cette politique s’accompagnerait de discussions étroites avec les industriels du secteur afin d’anticiper les besoins en énergie, infrastructures et financement.
Des investissements massifs en cours
Le Gouvernement Gabonais ne ménage pas ses efforts. Un enveloppe de 1 600 milliards de FCFA a été mobilisée pour accompagner le développement de la filière, à laquelle s’ajoutent 112 milliards destinés à renforcer les capacités énergétiques du pays, notamment par la modernisation du barrage de Grand Poubara et la mise en service de centrales à Libreville, Port-Gentil et Lambaréné.
Actuellement, seule la Compagnie Minière de l’Ogooué (COMILOG), via sa filiale métallurgique de Moanda, transforme déjà une partie du minerai. D’autres opérateurs comme Nouvelle Gabon Mining ou CICMHZ s’activent pour développer des infrastructures similaires.
Une stratégie à fort impact
Au-delà de l’enjeu économique, cette politique pourrait générer jusqu’à 165 000 emplois directs et indirects, selon les prévisions du Ministère. Le défi reste toutefois immense : il faudra, en parallèle, développer un écosystème logistique et énergétique capable de soutenir une montée en puissance industrielle.
Le ministre Phillipe TONANGOYE, en charge de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie, s’est voulu rassurant : le Gabon disposerait « de l’énergie nécessaire pour soutenir la transformation du manganèse », notamment grâce aux projets d’extension de Grand Poubara.
Un compte à rebours lancé
Avec l’échéance fixée à janvier 2029, le Gouvernement gabonais engage une course contre la montre. Il s’agit de préparer le terrain pour une transformation locale à grande échelle, capable de rivaliser sur les marchés internationaux.
La réussite de cette ambition passera par la coordination étroite entre l’État, les opérateurs économiques et les bailleurs de fonds. Une mutation industrielle majeure est en marche. Reste à savoir si le pays saura en relever les défis à temps.
Transformation du manganèse : le Gabon change de cap industriel





