jeudi, janvier 22, 2026
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Coopération Gabon-Cuba : l’investissement de l’État forme une nouvelle génération de médecins

 Dans les amphithéâtres solennels de l’Université de médecine de La Havane, trois jeunes Gabonais ont reçu leur diplôme de docteur en médecine générale. Michelle Poungui, Jeff-Owen Nguema Klebert et Mehdi Cyriaque Okogho rejoignent désormais les rangs de ceux que leur pays attend avec espoir. Leur parcours incarne la promesse d’une coopération Sud-Sud entre le Gabon et Cuba, forgée dans l’endurance, la rigueur, et la foi en un avenir commun.

Après sept années d’études intensives, dans un contexte parfois marqué par l’austérité et les contraintes matérielles, ces trois jeunes sont devenus médecins. Non sans peine, mais avec une détermination sans faille. Leur réussite est celle d’une génération qui a choisi l’effort, loin de chez elle, au nom du service public.

Une formation d’excellence, tournée vers l’humain

Le système cubain de formation médicale est reconnu pour sa rigueur académique et son approche centrée sur la pratique. « Dès la 3e année, nous sommes au contact direct des patients. Cela change tout dans la façon d’apprendre », explique Mehdi Okogho, 25 ans. Jeff-Owen Nguema, 24 ans, insiste lui sur la générosité du modèle cubain : « Les professeurs étaient toujours disponibles. L’accès au matériel était gratuit. Et les patients participaient activement à notre apprentissage. »

Michelle Poungui, diplômée de l’Université de Girón, résume l’expérience d’un mot : « transformante ». À 26 ans, elle évoque une médecine de terrain, « exercée avec peu, mais transmise avec exigence et humanité ».

Des défis au quotidien : solitude, finances, adaptation

Mais derrière les succès universitaires, les témoignages laissent entrevoir une réalité plus dure. Vivre et étudier à Cuba, sous embargo et dans un contexte économique contraint, n’a rien d’évident. « Les problèmes financiers ont été constants », reconnaît Mehdi. « Il m’est arrivé de ne pas pouvoir accéder à mes fonds, même quand j’en avais. » Jeff-Owen évoque un choc culturel persistant, aggravé par la complexité d’un système monétaire à trois devises. Pour Michelle, l’éloignement, la langue, les conditions modestes ont parfois pesé. « Mais cela m’a formée. Cela m’a rendue plus forte », dit-elle avec calme.

Le rôle de l’Ambassade : soutien dans l’ombre

Tous trois tiennent à saluer le rôle de l’Ambassade du Gabon à La Havane, souvent discrète, mais toujours présente. Mehdi parle d’un « soutien constant ». Jeff-Owen met en avant le lien communautaire maintenu par les équipes diplomatiques. Michelle, enfin, évoque un « relais moral et administratif précieux », qui a permis de garder le cap.

Un retour chargé d’espoirs

Dans quelques jours, ces jeunes médecins rentreront au pays. Ils y trouveront un système de santé en reconstruction, des défis multiples, mais aussi une population en attente, et un État conscient de l’urgence sanitaire. « Je rentre avec la volonté de servir, d’agir, d’incarner ce que j’ai appris », affirme Michelle Poungui.

Plus qu’un diplôme, c’est une posture qu’ils ramènent : celle de soignants formés à l’humilité, à l’adaptation, à la résilience. Leur présence est une réponse concrète aux besoins du Gabon. Leur parcours, un symbole fort de ce que peut produire une coopération fondée sur l’effort, l’intelligence collective et le respect mutuel.

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