Un climat de tension persiste entre la mairie de Libreville et la Direction générale des Transports terrestres (DGTT) au sujet de la collecte des taxes auprès des chauffeurs de taxi suburbains, communément appelés clandos. Dans un communiqué, le Délégué spécial en charge de la commune, Adrien Nguema Mba, a tenu à réaffirmer la primauté des textes légaux et le rôle exclusif de la municipalité dans la gestion et la perception des redevances liées aux sites de transport.
La hiérarchie des normes en question
S’appuyant sur la loi organique relative aux compétences municipales, l’édile rappelle que la voirie, l’organisation des services publics de transport et la régulation de la circulation routière relèvent des prérogatives de la commune. Selon lui, ces dispositions s’imposent à tous, y compris à la DGTT, en vertu du principe de la hiérarchie des normes. « Seule la commune de Libreville a le droit de procéder à la gestion des sites de transports et de percevoir les taxes et redevances y relatives », affirme Adrien Nguema Mba.
Le soutien du ministère de l’Économie
Le maire délégué invoque par ailleurs un récent rappel à l’ordre du ministre d’État en charge de l’Économie, soulignant que seules les taxes prévues dans la Loi de finances sont légitimes. Les taxes perçues par la commune de Libreville s’appuient en effet sur la Loi de finances modificative de 2009, annexée au Code général des impôts, ce qui conforte la légalité de l’action municipale.
Des tensions sur le terrain
Au-delà du débat juridique, le différend a dégénéré sur le terrain. Des agents municipaux auraient été agressés par certains agents de la DGTT et des détenteurs d’agréments techniques du ministère des Transports. Adrien Nguema Mba dénonce des « actes de trouble à l’ordre public » sur plusieurs sites de transport, appelant à la fin de ces altercations qui fragilisent la quiétude des usagers et des opérateurs.
Vers une clarification attendue
Si des réunions ont déjà été initiées par le secrétariat général du gouvernement et la vice-présidence pour tenter d’apaiser la situation, le conflit met en lumière la nécessité de clarifier les compétences entre l’État et les collectivités locales en matière de fiscalité et de gestion du transport urbain. Un enjeu crucial, à la fois pour l’efficacité administrative et pour la stabilité du secteur des transports dans la capitale gabonaise.





