La production de manganèse au Gabon a progressé de 20 % au premier trimestre 2025. Dans le même temps, les autorités ont fixé un cap décisif : mettre fin, dès 2029, aux exportations de minerai brut pour privilégier la transformation locale. Les grandes manœuvres sont bel et bien lancées.
Une production en hausse malgré un contexte difficile
Le secteur minier gabonais confirme sa résilience. Selon les dernières données disponibles, la production nationale de manganèse a bondi de 20 % au premier trimestre 2025. Un résultat qui tranche avec la tendance observée en 2024, marquée par une contraction de l’activité. Cette reprise traduit la vigueur de la demande mondiale et l’importance stratégique du Gabon, deuxième producteur mondial de ce minerai convoité par l’industrie sidérurgique.
L’interdiction des exportations brutes en ligne de mire
Au-delà de cette performance conjoncturelle, l’avenir de la filière est en pleine redéfinition. Le 30 mai dernier, le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé qu’à compter du 1er janvier 2029, le pays interdira l’exportation de manganèse brut. Une décision qui s’inscrit dans la volonté de rompre avec un modèle extractif centré sur l’exportation de matières premières non transformées.
« Nous devons désormais capter davantage de valeur ajoutée et renforcer notre souveraineté économique », a déclaré le Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA appelant les acteurs du secteur à investir dans des unités de transformation sur le sol national.
Vers une industrialisation progressive
Le Gabon n’en est pas à son premier pas. Depuis 2015, la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) exploite à Moanda un complexe métallurgique produisant du silico-manganèse et du manganèse métal. Ce site, premier du genre en Afrique subsaharienne, symbolise l’orientation industrielle que les autorités entendent désormais généraliser.
Pour accompagner cette transformation, la question énergétique reste centrale. Le barrage hydroélectrique de Grand Poubara, mis en service en 2013, alimente déjà les installations de Comilog. Mais d’autres infrastructures devront suivre pour soutenir la montée en puissance des futures usines de transformation.
Un enjeu stratégique pour l’économie nationale
Au cœur de cette mutation, l’objectif est clair : réduire la dépendance aux exportations brutes, diversifier l’économie et créer de l’emploi local. L’État mise sur la filière manganèse pour devenir un moteur de son industrialisation, aux côtés du bois et du pétrole.
Avec une échéance fixée à 2029, le compte à rebours est lancé. Les prochaines années seront déterminantes pour bâtir un écosystème industriel capable d’absorber et de valoriser une part croissante de la production nationale.
Manganèse : le Gabon enclenche la transformation de sa filière





