Libreville, 1er septembre 2025 – Le trafic de médicaments illicites reste une menace persistante pour la santé publique au Gabon. Face à ce fléau, les autorités sanitaires renforcent la régulation et multiplient les actions de terrain pour protéger les populations.
Des saisies record
Au cours des derniers mois, la Direction du médicament et de la pharmacie (DMP), en collaboration avec Interpol, a mené plusieurs opérations coup de poing. Résultat : plus de 15 000 flacons, 14 000 boîtes, des milliers de comprimés et d’ampoules injectables ont été saisis et détruits à Owendo. Ces produits, souvent en provenance d’Asie et du Nigeria, étaient destinés au marché parallèle, notamment dans le Woleu-Ntem, l’Ogooué-Maritime et l’Estuaire.
Mobiliser les citoyens
« Il ne faut pas acheter les médicaments dans la rue », martèlent les pharmaciens. Lors de la Journée de lutte contre le médicament illicite, organisée récemment, professionnels de santé et autorités ont alerté sur les dangers : inefficacité des traitements, intoxications graves, voire décès. La sensibilisation reste un pilier majeur pour couper l’herbe sous le pied aux réseaux criminels.
Miser sur la production locale
Au-delà de la répression, le gouvernement veut réduire la dépendance aux importations et faire baisser les prix. La Première ministre a annoncé une baisse ciblée de 30 % du coût des médicaments, soutenue par une réorganisation de l’Office pharmaceutique national (OPN) et une promotion des génériques. Dans ce cadre, l’usine La Santé Pharmaceutique SA, implantée à Nkok, joue un rôle central en produisant localement des médicaments de qualité pour la sous-région CEMAC.
Un défi régional
Selon l’OMS, jusqu’à 30 % des médicaments vendus sur le marché africain sont falsifiés, causant chaque année près d’un million de décès dans le monde. Pour le Gabon, la lutte passe par un renforcement des contrôles, une meilleure traçabilité et une coopération régionale accrue.
Enjeux clairs : protéger la santé des citoyens, réduire l’influence du marché noir et bâtir une industrie pharmaceutique locale capable de répondre aux besoins du pays.
Trafic de médicaments : le Gabon muscle sa régulation et sa riposte





