La Haute Autorité de la Communication (HAC) est finalement sortie de son silence face à la vive polémique entourant l’arrestation du journaliste Harold Leckat Igassela, directeur de publication du média en ligne Gabon Média Time (GMT), détenu depuis le 15 octobre 2025. Dans un communiqué rendu public ce mercredi, l’institution de régulation des médias dit suivre avec une attention particulière l’évolution du dossier, tout en appelant à la retenue et au respect du droit.
Une position prudente mais attendue
Signé par son président, Germain Ngoyo Moussavou, le texte souligne que la HAC n’a, à ce jour, reçu aucune information officielle concernant les faits reprochés au journaliste. Une absence de communication institutionnelle qui, selon elle, alimente le flou autour d’une affaire désormais hautement médiatisée et suivie de près par la société civile et la communauté journalistique.
Deux lectures d’une même affaire
Dans son communiqué, la HAC évoque deux versions qui circulent actuellement.
La première ferait état d’un contentieux commercial opposant Gabon Média Time à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), lié à l’exécution d’un contrat de partenariat publicitaire conclu en 2020, et qui aurait donné lieu à un désaccord juridique.
La seconde, portée notamment par plusieurs organisations professionnelles de la presse, évoque au contraire une instrumentalisation politique et une atteinte à la liberté de la presse, en raison de la ligne éditoriale critique du média et de son fondateur.
Appel à l’impartialité et au professionnalisme
Dans ce contexte tendu, la HAC dit faire confiance à l’impartialité de la justice gabonaise, tout en rappelant la nécessité que les droits fondamentaux de M. Leckat soient pleinement garantis tout au long de la procédure.
L’institution en appelle également aux organes de presse afin qu’ils fassent preuve de responsabilité, d’objectivité et de professionnalisme dans le traitement de cette affaire encore pendante devant les juridictions.
« La Haute Autorité de la Communication restera fidèle à son rôle de garant de la liberté de la presse et se tiendra aux côtés des journalistes injustement inquiétés dans l’exercice de leur métier », souligne le communiqué, tout en exhortant la profession à faire preuve de discernement et de rigueur.
Un signal fort dans un climat médiatique sous tension
Cette prise de position, bien que mesurée, marque la première réaction officielle de l’organe régulateur depuis l’arrestation du journaliste. Elle intervient alors que plusieurs associations de la presse et ONG de défense des droits humains appellent à la libération immédiate d’Harold Leckat, dénonçant une tentative d’intimidation contre les médias indépendants.





