À moins de trois semaines du coup d’envoi de la CAN TotalEnergies Maroc 2025, une vive inquiétude plane sur la Fédération gabonaise de football (Fegafoot). Une mise en demeure particulièrement sévère, signée par Hassan El Kamah, Directeur commercial de la Confédération africaine de football (CAF), et datée du 19 novembre 2025, accuse le Gabon d’avoir présenté des maillots estampillés « Gaboma », considérés comme non conformes, voire potentiellement contrefaits.
Selon le document parvenu à Gabon Media Time, plusieurs irrégularités majeures sont reprochées à la Fegafoot :
- absence de contrat formel signé entre la FEGAFOOT et l’équipementier,
- marque Gaboma inconnue des registres FIFA et CAF,
- logo présentant une forte similitude avec celui de la marque française Airness,
- tissu jugé de mauvaise qualité,
- absence totale de certifications ISO,
- aucune traçabilité du processus de fabrication.
Pour la CAF, le verdict est sans appel : ces équipements sont classés « non originaux, non réglementaires et potentiellement contrefaits ».
Une amende pouvant dépasser 450 000 euros : un risque financier colossal
Le Gabon fait face à des sanctions financières particulièrement lourdes. La circulaire marketing de la CAF est claire :
- 150 000 à 300 000 USD d’amende par match disputé avec un maillot non homologué ;
- 150 000 USD d’amende dès le premier match, même en cas de retrait immédiat ;
- possibilité d’interdiction pure et simple d’utiliser les maillots incriminés ;
- déductions automatiques du prize money et des subventions versées par la CAF.
Placés dans le groupe F aux côtés du Cameroun, de la Côte d’Ivoire et du Mozambique, les Panthères du Gabon doivent jouer au minimum trois matchs. Un calcul à minima :
- 3 matchs x 150 000 USD = 450 000 USD, soit environ 295 millions FCFA.
Mais en cas de qualification en huitièmes voire en quarts de finale, l’amende pourrait atteindre le double, flirtant avec les 500 millions FCFA, voire davantage. Un montant susceptible d’engloutir une large part, voire la totalité, des gains prévus pour la compétition.
Silence du Ministère des Sports et de la FEGAFOOT : l’ONDS tente de rassurer
Alors que la polémique enfle et suscite une vive réaction dans l’opinion publique, la FEGAFOOT et le Ministère des Sports gardent un silence assourdissant.
Seul l’Office national du développement du sport (ONDS) a tenté de calmer les inquiétudes, assurant qu’une mutualisation des efforts est en cours pour résoudre ce dossier délicat. Selon l’ONDS, plusieurs organes nationaux travailleraient déjà à dégager une solution rapide et conforme aux exigences de la CAF.
Toutefois, le délai de réponse fixé au 21 novembre 2025 est désormais dépassé, laissant planer l’incertitude sur l’issue de cette affaire qui pourrait ternir la préparation des Panthères à quelques jours du lancement de la compétition.
Le Gabon peut-il encore éviter la catastrophe ?
Alors que la CAN 2025 approche à grands pas, le Gabon se retrouve face à une équation urgente :
trouver des équipements homologués, régulariser les documents contractuels et dissiper les doutes de la CAF.
La marge de manœuvre est étroite, mais pas inexistante. À Libreville comme au sein du public sportif, un espoir subsiste : celui de voir les autorités réagir à temps pour éviter une sanction qui pourrait impacter financièrement, symboliquement et sportivement la participation des Panthères.
Pour l’heure, l’affaire continue de faire couler beaucoup d’encre. Affaire à suivre…





