Nouveau coup dur pour l’enseignement supérieur gabonais. L’Institut supérieur de technologie (IST) a suspendu ses cours après la décision de l’opérateur du site qui accueille provisoirement les étudiants à Bikélé de fermer les locaux. En cause : 304,6 millions de FCFA d’impayés de l’État, révélés dans un courrier adressé au Vice-président du gouvernement et dont Gabon Media Time a obtenu copie.
Un bail administratif resté impayé depuis mars 2024
Selon les documents transmis aux autorités, l’État avait signé le 25 mars 2024 un bail administratif avec un ressortissant gabonais pour l’utilisation d’un complexe éducatif privé destiné à reloger les étudiants de l’IST.
Cette solution devait assurer la continuité du service public universitaire face au manque d’infrastructures.
Mais plus d’un an et demi après la signature, aucun paiement n’aurait été effectué, malgré l’émission d’un ordre de paiement. La dette cumulée atteint 304.655.748 FCFA, comprenant 109 millions pour la première année et 195 millions pour la seconde.
Un opérateur privé en situation de défaut bancaire
Dans une lettre datée du 6 novembre 2025, le propriétaire affirme que l’État n’a pas honoré ses engagements contractuels.
Il indique être désormais exposé à un risque de défaut bancaire vis-à-vis de ses créanciers, alors qu’il dit avoir multiplié les relances auprès des ministères concernés.
L’opérateur rappelle que, dans un contrat administratif, l’État a l’obligation légale d’assurer la continuité du service et le respect de la sécurité juridique, soulignant que les manquements constatés « violent les principes fondamentaux du droit administratif ».
Suspension immédiate des cours et fermeture annoncée du sit
Face à ce qu’il qualifie « d’impasse totale », le propriétaire annonce la fermeture du site le jeudi 20 novembre 2025 à 06h00 si aucune solution urgente n’est trouvée.
Une première conséquence est déjà visible : un message interne adressé aux étudiants annonce l’annulation immédiate des cours, sans précision sur une éventuelle reprise.
« Les cours sont exceptionnellement annulés pour la journée », précise la note, promettant une communication ultérieure « dès que la situation sera résolue ».
Une crise de plus pour l’enseignement supérieur gabonais
La fermeture pourrait affecter plusieurs centaines d’étudiants, aggravant une situation déjà préoccupante pour l’enseignement supérieur, régulièrement confronté au manque d’infrastructures adéquates.
L’opérateur appelle à une médiation rapide du Vice-président du gouvernement afin d’éviter « un blocage institutionnel lourd de conséquences ».





