Le Dialogue régional sur la promotion de la transformation des normes sociales de genre visant à renforcer la participation et la représentation des femmes et des jeunes dans le leadership et la prise de décision en Afrique centrale s’est tenu du 12 au 13 novembre 2025 à Addis-Abeba, capitale diplomatique du continent.
Organisée dans le cadre du programme WYDE, financé par l’Union européenne, cette rencontre de haut niveau a été mise en œuvre en collaboration avec ONU Femmes et l’Institut International pour la Démocratie et l’Assistance Électorale (IDEA). Elle a réuni des participants venus d’Angola, du Burundi, des deux Congo, du Tchad, du Cameroun, du Rwanda, de la République centrafricaine et du Gabon.
Une plateforme d’échanges pour repenser les normes sociales
Durant deux jours, experts, femmes politiques, jeunes leaders et acteurs engagés ont débattu des obstacles structurels persistants qui freinent encore l’égalité de genre et la participation des jeunes dans les instances décisionnelles. Les discussions ont permis de mettre en lumière l’impact des normes sociales, souvent profondément ancrées, dans la reproduction des inégalités et l’exclusion des femmes de la sphère politique.
Les participants ont formulé des recommandations fortes visant à transformer ces normes, à renforcer l’inclusion et à promouvoir un leadership féminin et jeune plus affirmé. Au-delà des débats, ce dialogue a été l’occasion d’un partage d’expériences entre pays de la région et d’une remise en question collective des stéréotypes.
Le cas du Gabon : des avancées juridiques, mais une application insuffisante
Du côté gabonais, il a été relevé que le pays a ratifié plusieurs conventions internationales et intégré certains instruments juridiques relatifs à l’égalité de genre dans son droit interne. Cependant, comme dans de nombreux pays africains, le principal obstacle reste la mise en œuvre effective de ces textes.
Si d’importants progrès avaient été enregistrés ces dernières années, notamment sous l’ancien régime, les participants ont souligné une forme de régression malgré la présence de quotas inscrits dans le Code électoral. L’enjeu majeur demeure aujourd’hui la concrétisation des engagements pris.
Un changement qui doit commencer dans la famille
Les participants ont unanimement reconnu que l’action institutionnelle, aussi essentielle soit-elle, ne peut suffire. Le changement durable passe par une transformation des mentalités au sein même des familles, premières instances de socialisation. L’implication des hommes engagés a été identifiée comme un levier incontournable pour faire évoluer les comportements et soutenir les avancées en matière d’égalité.
Former les jeunes : un impératif pour un leadership efficace
La rencontre a également mis en lumière l’importance cruciale du renforcement des compétences des jeunes. Pour participer de manière efficace et crédible aux processus décisionnels, ceux-ci doivent développer expertise, légitimité et assurance. La présence des jeunes dans les institutions ne peut produire de résultats que si elle s’accompagne d’un véritable renforcement de capacités.
Un engagement renouvelé pour la transformation sociale
Ce dialogue régional a permis de renforcer les réseaux, de faire émerger des stratégies communes et de réaffirmer la nécessité d’une action concertée entre États, institutions, société civile et partenaires internationaux.
Au terme des travaux, les participants ont réitéré leur engagement à poursuivre la promotion de l’égalité de genre, à combattre les stéréotypes et à encourager la participation active des femmes et des jeunes dans la gouvernance publique.
Un remerciement particulier a été adressé à Maimouna Abdoul, ainsi qu’à Marie Boulanga, coordonnatrice, pour l’organisation de cette rencontre à travers l’ONG Young Women for Africa (Gabon), dont certains participants sont membres et conseillers.





