Un événement inédit secoue la sphère politique gabonaise. Le ministre du Tourisme, Pascal Ogowé Siffon, a été interpellé alors qu’il tentait de quitter discrètement la capitale, avant d’être immédiatement placé en résidence surveillée, a rapporté Gabon Media Time. Il est soupçonné d’avoir détourné plus de 10 milliards de francs CFA destinés au développement du secteur touristique, une affaire qui pourrait devenir l’une des plus sensibles de ces dernières années.
Une interpellation spectaculaire sur la nationale
Selon une source proche du dossier, le ministre a été arrêté alors qu’il roulait sur la nationale, en direction de l’intérieur du pays. L’intervention, menée par des agents affectés au suivi du dossier, a été jugée nécessaire face à ce qui est considéré comme un risque de fuite “réel et imminent”.
Les témoins de la scène décrivent un dispositif de sécurité resserré, traduisant l’urgence de la situation.
« Il a été mis en résidence surveillée parce qu’il voulait fuir. Il a été interpellé sur la nationale. S’il ne se reproche rien, pourquoi chercher à quitter la capitale ? », confie une source proche de l’enquête.
Les autorités ont, dans la foulée, ordonné son placement en résidence surveillée — une mesure exceptionnelle visant un membre du gouvernement encore en fonction.
Plus de 10 milliards de FCFA sous enquête
L’enquête ouverte concerne plus de 10 milliards de francs CFA ayant transité par le ministère du Tourisme au cours des deux dernières années.
Ces fonds proviendraient notamment :
- des crédits publics alloués au secteur ;
- des dividendes générés par des hôtels réquisitionnés par l’État ;
- des provisions destinées à des investissements diversifiés ;
- des enveloppes liées au secteur des hydrocarbures.
Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer la traçabilité exacte de ces montants et à comprendre pourquoi plusieurs opérations financières ne disposent d’aucune justification comptable solide.
Une décision rare et politiquement sensible
Placer un ministre en fonction en résidence surveillée constitue un acte rare et lourd de conséquences politiques. Il témoigne toutefois de la volonté des autorités de montrer leur fermeté face aux détournements de fonds publics, dans un contexte où la lutte contre la corruption est présentée comme une priorité nationale.
Cette affaire pourrait donc devenir un test majeur de la détermination de l’État à assainir la gestion publique.
Reste à savoir si la procédure, très médiatisée, permettra d’établir clairement les responsabilités — ou si elle ouvrira la porte à une crise politique plus profonde.





