La régulation de l’usage des réseaux sociaux chez les mineurs franchit un nouveau cap en Europe. En France, le président Emmanuel Macron a annoncé une mesure forte : l’interdiction des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans sur l’ensemble du territoire, ainsi que la prohibition des téléphones portables dans les établissements scolaires, notamment les lycées. Une décision assumée, présentée comme une réponse directe aux dérives numériques auxquelles sont exposés les plus jeunes.
C’est à travers une intervention vidéo diffusée sur BFMTV que le chef de l’État français a officialisé cette orientation. « On interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Et on va interdire les portables dans nos lycées », a-t-il déclaré, affirmant vouloir apporter un cadre clair « pour nos adolescents, pour les familles et pour les enseignants ». Cette annonce s’inscrit dans une démarche plus globale de protection de l’enfance face aux excès du numérique.
Interdire pour protéger, dès la rentrée prochaine
Pour Emmanuel Macron, l’enjeu dépasse la simple discipline scolaire. « Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n’est pas à vendre. Les émotions de nos enfants ne sont pas à manipuler. Ni par les plateformes américaines, ni par les algorithmes chinois », a-t-il martelé, dénonçant les mécanismes de captation de l’attention et l’influence grandissante des grandes plateformes numériques.
Afin de concrétiser cette mesure, le président a confié au gouvernement le soin d’en définir précisément les modalités avant sa présentation au Parlement. Le texte, examiné ce lundi à l’Assemblée nationale, pourrait faire de la France l’un des pays pionniers en Europe sur ce sujet, aux côtés de l’Australie, souvent citée comme référence en matière de régulation numérique des mineurs.
Les autorités françaises justifient cette décision par les multiples risques auxquels sont confrontés les jeunes utilisateurs : cyberharcèlement, exposition à des contenus violents ou inadaptés, comparaison sociale permanente, mais aussi perturbation du sommeil et de la concentration liée à une surexposition aux écrans. Autant de phénomènes jugés incompatibles avec le développement psychologique et scolaire des adolescents.
Le chef de l’État a par ailleurs annoncé le recours à la procédure accélérée pour l’adoption du texte, afin de permettre une entrée en vigueur rapide en cas de désaccord entre l’Assemblée nationale et le Sénat. L’objectif affiché est une application effective à partir de la rentrée scolaire 2026-2027. Les plateformes numériques disposeraient, quant à elles, d’un délai courant jusqu’au 31 décembre pour supprimer les comptes déjà existants des utilisateurs concernés.
Avec cette mesure, la France entend envoyer un signal fort : celui d’un État décidé à reprendre la main sur l’environnement numérique des jeunes, au nom de la protection de leur santé mentale, de leur équilibre et de leur avenir.





