jeudi, mars 5, 2026
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Le Gabon acte la scission de la SEEG : vers deux sociétés distinctes pour l’eau et l’électricité d’ici 2027

Le Gabon s’engage dans une réforme structurelle majeure de ses services publics. Le gouvernement a annoncé la prochaine scission de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), avec pour objectif de séparer la distribution d’eau et d’électricité en deux entités autonomes à l’horizon 2027. Présentée comme un tournant stratégique, cette décision vise à moderniser en profondeur la gestion des deux secteurs.

Mettre fin à une cohabitation jugée inefficace

Depuis plusieurs années, la gestion conjointe de l’eau et de l’électricité au sein d’une même structure est pointée du doigt pour ses limites organisationnelles. Les deux activités obéissent en effet à des logiques techniques et économiques distinctes.

Le secteur de l’eau repose principalement sur la gestion des réseaux de distribution, la réduction des pertes liées aux fuites et l’extension de l’accès dans les zones périphériques. À l’inverse, l’électricité implique des enjeux de production, de transport à haute tension, de gestion des pics de consommation et de modernisation d’infrastructures souvent confrontées à des délestages récurrents.

En dissociant ces deux métiers, l’État entend permettre à chaque future société de se concentrer sur ses priorités spécifiques, d’optimiser ses investissements et d’améliorer la transparence dans la gestion et la reddition des comptes.

Un calendrier progressif sur deux ans

La réforme s’inscrira dans un calendrier structuré entre 2026 et 2027.

L’année 2026 sera consacrée à un audit technique et financier approfondi, à la définition précise des périmètres organisationnels ainsi qu’au transfert des actifs. Cette phase préparatoire devra poser les bases juridiques, financières et opérationnelles de la scission.

En 2027, les deux nouvelles sociétés autonomes seront officiellement lancées, chacune dotée de son propre conseil d’administration et de sa direction générale.

Des défis financiers et humains déterminants

La réussite de cette transformation dépendra de plusieurs chantiers sensibles. D’abord, la clarification des dettes existantes : chaque entité devra disposer d’une vision précise de ses engagements financiers afin d’éviter toute ambiguïté future.

Ensuite, la répartition des ressources humaines et matérielles constituera un enjeu central. Il s’agira de préserver les compétences stratégiques tout en garantissant la stabilité des employés concernés par la transition.

Enfin, la question des investissements demeure cruciale. Les infrastructures, parfois vieillissantes, nécessitent des financements importants pour réduire les coupures d’électricité et améliorer la continuité de l’approvisionnement en eau.

Une réforme attendue par les usagers

Pour les habitants de Libreville et des autres villes du Gabon, cette scission pourrait clarifier les responsabilités en cas de panne. Lorsque coupures d’électricité et ruptures d’eau surviennent simultanément, les usagers se heurtent souvent à des circuits d’information complexes.

Avec deux entités distinctes, chaque incident relèvera désormais d’un interlocuteur clairement identifié. Les autorités espèrent ainsi accélérer la prise en charge des dysfonctionnements et restaurer la confiance des citoyens dans la qualité des services publics.

Au-delà de la simple réorganisation administrative, la scission de la SEEG s’annonce comme un test majeur de la capacité du Gabon à moderniser ses infrastructures et à répondre aux attentes croissantes de sa population.

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