Critiquée pour sa gestion et accusée de détournements de fonds publics, Christine Audrey Chambrier Voua, ex-directrice de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), s’est défendue lors de la passation de charges avec son successeur le 4 janvier dernier. Durant cet événement, elle a présenté un bilan succinct des actions prioritaires menées durant son mandat, tout en soulignant les blocages rencontrés avec l’ancien Conseil d’administration.
Un bilan marqué par des initiatives audacieuses
En poste pendant 12 mois, Christine Audrey Chambrier Voua avait axé ses priorités sur trois volets principaux :
- Restaurer la confiance avec les partenaires
- Réduire les évacuations sanitaires
- Améliorer le climat social au sein de l’institution
Sur le plan financier, elle a hérité d’une dette globale de 27 milliards de francs CFA. « Nous avons payé 25 milliards en 2023, et il reste 2 milliards à régler », a-t-elle précisé. Par ailleurs, pour l’exercice 2024, 56 milliards de francs CFA ont été déboursés pour l’ensemble des prestations.
Afin de réduire les tensions de trésorerie, elle a négocié avec les ministères du Budget et de l’Économie, obtenant 34 milliards de francs sur les 200 milliards attendus de la part patronale. « Avec l’autorisation du ministère de l’Économie, nous avons procédé au rachat de cette somme par des banques privées », a-t-elle expliqué.
Des efforts pour limiter les évacuations sanitaires
Consciente du coût élevé des évacuations sanitaires, elle a engagé un dialogue avec les structures hospitalières pour identifier les pathologies les plus onéreuses. Cela a révélé des insuffisances techniques et une absence d’expertise locale, nécessitant l’acquisition de nouveaux plateaux techniques.
Des partenariats ont également été noués avec les fondations Rothschild (Paris) et Mohammed VI (Rabat) pour permettre à des experts internationaux d’intervenir à Libreville et former des spécialistes locaux. « Malheureusement, ces initiatives n’ont pas été validées par le Conseil d’administration », a-t-elle regretté.
Une tentative d’apaisement social
En matière de climat social, elle a réuni les syndicats pour réviser le décret 076/PR/MAS du 14 février 2024 relatif aux statuts de la CNAMGS. Cela incluait la reclassification de 500 agents à partir de janvier 2025 et la résolution des litiges concernant des licenciements abusifs. Ces efforts ont conduit à une trêve sociale, bien qu’ils n’aient pas bénéficié de l’appui du Conseil d’administration.
Une vision contrariée, mais porteuse d’espoir
Christine Audrey Chambrier Voua estime avoir œuvré pour redorer l’image de la CNAMGS, tout en regrettant le manque de soutien de l’ancien Conseil. Elle espère que son successeur bénéficiera de meilleures conditions pour poursuivre ces réformes cruciales et assurer la stabilité de cet organisme clé de la politique sociale gabonaise.
Son passage à la CNAMGS aura laissé un héritage contrasté, entre réalisations financières et sociales d’un côté, et incompréhensions avec l’administration de l’autre.





