Au Gabon, la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) joue un rôle crucial dans la couverture santé, particulièrement pour les Gabonais économiquement faibles (GEF). Face aux récents défis de gestion, une question revient fréquemment : la liste des médicaments remboursés est-elle adaptée aux besoins des assurés ?
Une prise en charge essentielle mais perfectible
Créée pour faciliter l’accès aux soins, la CNAMGS se heurte à des critiques concernant l’étendue de sa couverture pharmaceutique. Si des avancées ont été réalisées, une partie de la population estime que certains traitements essentiels restent à leur charge, compliquant ainsi leur parcours de soin.
Un cadre réglementaire structurant
La politique de remboursement repose sur des bases légales solides. « L’ordonnance 0022/PR du 21 août 2007 et ses textes d’application définissent le cadre du régime obligatoire d’assurance maladie », explique le docteur Davain Louis Ekomy, médecin à la CNAMGS.
Selon lui, la stratégie vise depuis 2018 à élargir progressivement la liste des médicaments remboursés, avec une priorité accordée aux génériques, plus accessibles financièrement. Les taux de remboursement varient généralement entre 80 %, 90 %, et 100 % selon les cas.
Une liste en évolution constante
La liste des médicaments remboursables, mise à jour périodiquement, comptait environ 1 605 références en 2021. Ces médicaments couvrent un large éventail de pathologies, des maladies courantes aux affections plus spécifiques.
Les prescripteurs conventionnés doivent se conformer à cette liste pour garantir aux patients une prise en charge. Cependant, cette exigence limite parfois l’accès à des traitements innovants ou non référencés.
Des attentes croissantes
De nombreux assurés réclament un élargissement de la liste pour inclure davantage de médicaments onéreux, notamment pour des maladies chroniques ou rares. « Il est essentiel d’actualiser régulièrement cette liste en fonction des avancées médicales et des besoins réels de la population », souligne un pharmacien partenaire de la CNAMGS.
En parallèle, certains appellent à une meilleure communication sur les modalités de remboursement et les droits des assurés, estimant que beaucoup ignorent les traitements auxquels ils ont droit.
Vers une réforme de la politique pharmaceutique
Face à ces critiques, la CNAMGS pourrait envisager une refonte de sa politique pharmaceutique, en collaboration avec l’Office Pharmaceutique National (OPN) et d’autres acteurs du secteur. Cela permettrait d’améliorer la couverture et de renforcer la confiance des assurés dans le système.
En conclusion, bien que la CNAMGS ait accompli des progrès significatifs, des ajustements sont nécessaires pour répondre aux attentes croissantes des Gabonais, garantir une prise en charge plus inclusive, et faire de l’accès aux médicaments un véritable droit pour tous.





