Selon les récentes prévisions du Fonds monétaire international (FMI), le Gabon devrait enregistrer l’un des taux d’inflation les plus bas d’Afrique en 2025, estimé à 2,2 %. Cette performance serait le fruit des politiques monétaires restrictives mises en œuvre par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et de la baisse des prix des denrées alimentaires et des carburants importés. Toutefois, malgré ces chiffres encourageants, de nombreux Gabonais peinent encore à ressentir les effets positifs de cette stabilité annoncée dans leur quotidien.
Une stabilité macroéconomique en décalage avec la réalité du terrain
Si les efforts du gouvernement pour maîtriser l’inflation sont salués, notamment à travers des subventions sur les produits de première nécessité et des mesures de défiscalisation, le pouvoir d’achat des ménages reste sous pression. En 2024, l’État a mis en place diverses initiatives telles que la régulation des prix du ciment, des denrées alimentaires et des transports publics. Ces mesures, appuyées par une subvention trimestrielle de 6,3 milliards de FCFA, ont contribué à une certaine stabilité des prix, mais sans pour autant les rendre véritablement accessibles aux ménages les plus modestes.
Malgré ces efforts, les consommateurs gabonais constatent encore des prix élevés dans les marchés et les supermarchés. Le gaz butane et les carburants subventionnés permettent une certaine atténuation de la flambée des coûts, mais le coût global de la vie reste un défi majeur pour de nombreux foyers, alimentant ainsi un sentiment de frustration face aux promesses d’une inflation maîtrisée.
Le SMIG au cœur des attentes sociales
Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une revalorisation du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG), perçue comme une solution essentielle pour renforcer le pouvoir d’achat des Gabonais. Augmenter les revenus de base permettrait aux ménages de mieux absorber la pression des dépenses courantes, tout en stimulant la consommation intérieure et, par conséquent, l’économie nationale.
En complément de cette revalorisation salariale, une meilleure régulation des marchés est également préconisée afin de prévenir les spéculations abusives et garantir que les mesures gouvernementales bénéficient réellement aux citoyens les plus vulnérables.
Des perspectives encourageantes, mais des défis persistants
Si le taux d’inflation projeté par le FMI pour 2025 donne des raisons d’espérer une stabilité économique, il n’en demeure pas moins que des actions plus ambitieuses sont nécessaires pour améliorer concrètement le niveau de vie des Gabonais. Une inflation maîtrisée ne suffit pas à elle seule à garantir une meilleure qualité de vie si elle n’est pas accompagnée de politiques sociales inclusives et d’un soutien accru aux ménages.
En somme, les autorités gabonaises devront redoubler d’efforts pour que les prévisions macroéconomiques optimistes se traduisent par des avancées palpables dans le quotidien des citoyens. Une approche combinant augmentation du pouvoir d’achat, régulation des prix et diversification de l’économie apparaît plus que jamais comme une nécessité pour bâtir une croissance inclusive et durable.





