Après dix jours d’intenses travaux en session extraordinaire, les parlementaires de la transition ont adopté, ce 20 janvier 2025, le projet de loi organique portant Code électoral. Ce texte, fruit d’une commission mixte paritaire entre les deux chambres, introduit des changements significatifs dans l’architecture du Parlement gabonais, notamment avec l’augmentation du nombre de députés à 145 et celui des sénateurs à 70.
Une Assemblée nationale élargie et plus inclusive
L’un des points majeurs de cette réforme est l’inclusion de la diaspora gabonaise dans le processus législatif, avec l’octroi de deux sièges supplémentaires à l’Assemblée nationale, portant ainsi le nombre total de députés de 143 à 145. Cette avancée vise à mieux représenter les citoyens vivant à l’étranger et à renforcer leur implication dans la vie politique du pays.
Toutefois, le chemin vers cette adoption n’a pas été sans débats. Si l’Assemblée nationale de transition avait initialement validé une augmentation à 60 sénateurs, le Sénat plaidait pour un chiffre plus élevé afin d’assurer une représentativité optimale des territoires. Après des négociations au sein de la commission mixte paritaire, les deux chambres ont finalement convenu d’un compromis portant le nombre de sénateurs à 70.
Un compromis entre rationalisation et représentativité
Le député de la transition, Paul Biyoghe Mba, membre du Parti démocratique gabonais (PDG), a salué ce consensus tout en exprimant sa préférence pour un nombre plus élevé. « Nous étions à 98 sénateurs auparavant, puis nous sommes passés à 65. Aujourd’hui, nous avons trouvé un terrain d’entente à 70, ce qui est une avancée significative », a-t-il déclaré en marge de la clôture des travaux.
Cette réforme s’inscrit dans une volonté de rationalisation des institutions tout en garantissant une meilleure couverture des réalités territoriales du Gabon.
Un processus législatif rigoureux
L’élaboration de ce nouveau Code électoral a suivi un parcours rigoureux, débutant par la rédaction de l’avant-projet par un comité dirigé par Murielle Minkoue Mintsa. Par la suite, le gouvernement a convoqué une session extraordinaire du Parlement de transition, conformément à l’article 43 de la Constitution de 1991, pour examiner le texte en profondeur.
La prochaine étape sera la promulgation de cette loi par le président de la Transition, qui marquera son entrée officielle dans l’ordonnancement juridique du pays.
Vers des élections plus inclusives et transparentes
Avec l’adoption de cette réforme, le Gabon se dote d’un cadre électoral rénové, visant à assurer une plus grande inclusion politique et une représentation plus équilibrée des différentes composantes de la société gabonaise. Ces changements interviennent dans un contexte de transition politique où les autorités affichent leur volonté de renforcer les bases démocratiques du pays.
Toutefois, l’application effective de ce nouveau dispositif sera scrutée de près par la population et les acteurs politiques, qui attendent des garanties quant à la transparence et à l’équité du futur processus électoral.





