Le Syndicat National des Magistrats du Gabon (SYNAMAG) a annoncé, dans un communiqué daté du 14 janvier 2025, l’instauration de piquets de grève dans toutes les juridictions du pays. Cette décision, prise à l’issue de l’Assemblée Générale du 13 janvier, marque une intensification du mouvement de protestation face aux revendications restées sans réponse de la part des autorités compétentes.
Une mobilisation nationale structurée
Selon le secrétaire général du SYNAMAG, Harnac Claver Mbele, les piquets de grève se tiendront tous les lundis et vendredis, de 10h à 12h, dans les Palais de justice des chefs-lieux de province. À Libreville, un dispositif spécifique a été mis en place avec des actions supplémentaires les mercredis, visant diverses juridictions stratégiques.
Le calendrier des mobilisations prévoit :
- Mercredi 22 janvier 2025 : Tribunaux du Commerce et du Travail (Sablière)
- Mercredi 29 janvier 2025 : Tribunal Administratif et Cour d’Appel Administrative (Batterie IV)
- Mercredi 5 février 2025 : Cour des Comptes (Acaé)
- Mercredi 12 février 2025 : Conseil d’État (Sablière)
Le syndicat a précisé que ce programme pourrait être réajusté en fonction de l’évolution des discussions avec le gouvernement.
Des revendications persistantes
Ce mouvement de grève vise à attirer l’attention des autorités sur des revendications jugées cruciales par les magistrats. Parmi les doléances, figurent notamment :
- L’amélioration des conditions de travail, jugées inadéquates pour un bon fonctionnement de la justice ;
- La mise en œuvre effective des réformes promises, qui tardent à être appliquées ;
- L’octroi de moyens matériels et financiers suffisants, afin d’assurer une justice rapide et efficace.
Pour le secrétaire général du SYNAMAG, ce mouvement s’inscrit dans une logique de défense des intérêts de la profession. « Nous exigeons des conditions de travail dignes et conformes aux exigences de notre mission, afin de garantir une justice indépendante et efficace pour les citoyens gabonais », a-t-il déclaré.
Des conséquences sur le fonctionnement de la justice
La mise en place de ces piquets de grève risque de perturber le bon déroulement des affaires judiciaires en cours et de ralentir l’ensemble du système judiciaire gabonais. De nombreux justiciables pourraient être affectés, engendrant des retards dans les procédures et des tensions supplémentaires entre les magistrats et l’exécutif.
Malgré ces inconvénients, le SYNAMAG reste déterminé à poursuivre son combat jusqu’à l’obtention de résultats concrets. Le syndicat invite l’ensemble de ses membres et sympathisants à se mobiliser massivement pour soutenir les revendications.
Quelle issue pour ce bras de fer ?
Alors que la pression monte sur les autorités, tous les regards sont désormais tournés vers le gouvernement, qui devra répondre rapidement aux attentes du SYNAMAG pour éviter une paralysie prolongée de l’appareil judiciaire. Les prochaines semaines s’annoncent décisives quant à l’issue de cette crise qui pourrait avoir des répercussions sur la crédibilité de la justice gabonaise.





