Le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) a rendu public son communiqué N°072, annonçant une série de réaménagements notables dans l’architecture institutionnelle du pays. Trois figures politiques majeures sont concernées : Elsa Rituelle BOUKANDOU, Séraphin MOUDOUNGA et Ibrahim RAPONTCHOMBO, tous appelés à céder leur poste à de nouveaux visages. Une dynamique qui soulève interrogations, espoirs et stratégies d’avenir.
Elsa Rituelle BOUKANDOU : un départ qui interroge
Ancienne députée de la Transition et figure montante du paysage politique gabonais, Elsa Rituelle BOUKANDOU quitte ses fonctions au sein de l’Assemblée Nationale de la Transition. Elle est remplacée par Gnembou Moutsona, un visage bien connu de la scène politique, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023 et 2005.
Cette décision, loin d’être anodine, suscite des interrogations sur les réelles intentions derrière ce remplacement. Durant la dernière campagne présidentielle, Elsa Rituelle s’était imposée comme l’une des porte-paroles les plus en vue du candidat Brice Clotaire Oligui Nguema, incarnant la parole présidentielle avec une maîtrise rare et une audace stratégique.
Faut-il y voir une éviction ou un repositionnement tactique ? Dans l’univers feutré des nominations, l’absence peut parfois annoncer une ascension prochaine, notamment vers un poste ministériel. Le style, l’engagement et le charisme de Mme BOUKANDOU laissent en tout cas entrevoir un avenir politique prometteur.
Séraphin MOUDOUNGA quitte le Conseil Économique et Social
Autre changement marquant : le départ de Séraphin MOUDOUNGA, ancien président du Conseil Économique et Social (CES). Acteur politique de longue date, son départ signe la fin d’un cycle à la tête de cette institution consultative stratégique. Aucune précision n’a été donnée sur ses futures responsabilités, mais tout indique qu’il pourrait se diriger vers d’autres horizons politiques ou diplomatiques.
Son remplacement, encore non officialisé dans ce même communiqué, laisse le champ libre à une nouvelle génération de profils susceptibles d’insuffler un vent de renouveau au CES.
Libreville change de cap : Jude Ibrahim RAPONTCHOMBO évincé de la mairie
Le maire de Libreville, Le général Ibrahim RAPONTCHOMBO, n’échappe pas non plus à la vague de restructuration opérée par le CTRI. Bien que les détails sur son successeur restent à préciser, cette décision traduit une volonté claire : repenser la gouvernance locale de la capitale, dans une logique de proximité, de compétence et de transparence.
Cette décision s’inscrit également dans une stratégie plus large de redéfinition des équilibres territoriaux, Libreville étant le centre névralgique de l’administration politique et économique du Gabon.
Entre interrogations et anticipation : l’après-BOUKANDOU
Dans ce contexte de réajustements successifs, la question du devenir d’Elsa Rituelle BOUKANDOU reste ouverte. Est-elle en retrait temporaire ou en attente d’un poste ministériel stratégique, peut-être dans les domaines de la communication, de la condition féminine ou de la jeunesse ?
Son profil correspond aux ambitions du CTRI : jeunesse, dynamisme, maîtrise des codes politiques et capacité à incarner une parole claire. À ce titre, il ne serait pas étonnant de la retrouver prochainement dans un ministère de souveraineté ou dans une fonction porteuse de réformes sociétales.





