Après plus d’un an et demi de détention provisoire, Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin ont été placés sous résidence surveillée dans leur villa du quartier Sablière, à Libreville. La mesure a été exécutée le vendredi 9 mai, selon des informations rapportées par le média en ligne Gabonreview.
Accusés de détournement de fonds publics, de corruption et de blanchiment d’argent, la veuve de l’ancien président Ali Bongo Ondimba et leur fils faisaient l’objet de poursuites judiciaires depuis le renversement du régime, en août 2023. Leur transfert de la prison vers leur domicile marque un tournant notable dans cette affaire emblématique de la transition politique en cours au Gabon.
Une décision post-investiture présidentielle
Ce changement de régime carcéral intervient cinq jours après l’investiture du président Brice Clotaire Oligui Nguema, confirmant ainsi son maintien au pouvoir à l’issue de la période de transition. Pour certains observateurs, la décision pourrait traduire une ouverture politique, voire le résultat d’une médiation diplomatique discrète en coulisses.
Bien que restreinte, cette liberté partielle semble déjà être un soulagement pour Ali Bongo Ondimba, qui avait intensifié ses interventions médiatiques ces derniers mois, demandant publiquement le retour de ses proches au domicile familial. L’ancien chef de l’État, affaibli depuis son AVC de 2018, reste, lui, en liberté sous surveillance à Libreville.
Des charges toujours maintenues
Il est important de souligner que cette remise en liberté ne signifie pas l’abandon des poursuites. Le ministère public a confirmé que les procédures judiciaires suivaient leur cours, et que Sylvia et Noureddin Bongo devront répondre des faits reprochés devant les juridictions compétentes.
Pour les deux anciens piliers du régime déchu, cette nouvelle condition de détention pourrait leur permettre de préparer leur défense dans de meilleures conditions, tout en restant à la disposition de la justice.
Un signal politique fort dans un climat encore sensible
La mesure de résidence surveillée pourrait également être interprétée comme un geste d’apaisement, dans un contexte où la transition gabonaise cherche à concilier justice, stabilité et ouverture. Elle intervient alors que le gouvernement prépare plusieurs réformes institutionnelles, notamment sur l’indépendance de la justice et la lutte contre l’impunité.
Le procès de Sylvia Bongo Ondimba et de son fils sera sans nul doute suivi de près, tant au Gabon qu’à l’international, tant il cristallise les enjeux de la lutte contre la corruption dans l’ère post-Bongo.





