Dans une atmosphère empreinte de gravité et d’espoir, le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a procédé ce lundi à l’inauguration officielle de la station de pompage d’eau du PK5 à Libreville. Une infrastructure stratégique qui s’inscrit dans le cadre du Projet intégré d’alimentation en eau potable et d’assainissement de Libreville (PIAEPAL) et marque un tournant décisif dans la lutte contre la pénurie d’eau qui affecte la capitale depuis des décennies.
Un geste fort face à une urgence sociale
La cérémonie, à forte charge symbolique, s’est déroulée en présence d’un parterre de personnalités, parmi lesquelles le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, et le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina. La participation de ce dernier témoigne de l’engagement des bailleurs internationaux aux côtés du Gabon dans la concrétisation des Objectifs de développement durable.
L’ouvrage du PK5 représente bien plus qu’un simple équipement technique : c’est une réponse concrète à une détresse quotidienne. Alimentant désormais un réservoir de 10 000 m³ à la Cité de la Caisse, cette station va permettre de rééquilibrer progressivement la distribution de l’eau dans plusieurs quartiers jusque-là marginalisés : Nzeng-Ayong, Alibandeng, Bel Air, Okala, Ciciba, la Sablière, et bientôt la Cité de la Démocratie.
« Les ouvrages que nous inaugurons aujourd’hui sont la preuve d’une volonté d’agir », a souligné le ministre Tonangoye. « Ils viennent répondre à une demande sociale forte et persistante. »
Une reconnaissance pour les bâtisseurs de l’ombre
Si le président Oligui Nguema s’est abstenu de toute déclaration publique, sa présence silencieuse mais solennelle en a dit long sur l’importance politique de cette étape. Dans un geste hautement symbolique, plusieurs agents techniques, ingénieurs et ouvriers ayant contribué à la réussite du projet ont été décorés, mettant en lumière le savoir-faire et la résilience des compétences locales.
Un modèle pour la région
Le président de la BAD, visiblement impressionné par l’envergure et la rapidité d’exécution du chantier, a qualifié l’ouvrage de « modèle régional » en matière d’infrastructures sociales. « Ce projet aura un impact direct sur la santé publique, l’éducation et la cohésion sociale », a-t-il déclaré, rappelant son alignement avec les priorités du développement inclusif.
Vers une nouvelle gouvernance de l’eau
L’inauguration du PK5 n’est qu’une étape d’un chantier plus vaste. Le gouvernement gabonais entend aller plus loin en enclenchant une mutation structurelle du secteur de l’eau : modernisation des réseaux, meilleure gouvernance, et implication active des citoyens dans la gestion de cette ressource vitale.
« L’accès universel à l’eau n’est plus une utopie, c’est une promesse qui commence à se concrétiser », a insisté Philippe Tonangoye.
Conclusion : de l’eau pour tous, chaque jour
Avec la station du PK5, le Gabon amorce une transition vers une gestion plus équitable et durable de l’eau, bien public par excellence. Mais au-delà des discours et des rubans coupés, c’est sur le terrain — dans les foyers, les écoles, les dispensaires — que cette avancée devra tenir ses promesses. Pour les habitants du Grand Libreville, souvent contraints de vivre au rythme des coupures et des pénuries, l’heure est à l’espoir, mais aussi à la vigilance.
Car l’accès à l’eau potable ne peut être un luxe. C’est un droit. Et aujourd’hui, ce droit commence à prendre racine.





