L’administration américaine vient de lancer un sévère avertissement au Gabon. Dans un câble diplomatique interne daté du samedi 14 juin, le Département d’État des États-Unis a notifié à l’ambassade du Gabon à Washington son intention de classer le passeport gabonais parmi les documents « à haut risque », en raison de sa vulnérabilité présumée à la fraude documentaire. Une décision qui place Libreville sous pression, à l’heure où les autorités de transition tentent de redorer l’image internationale du pays.
Une menace d’interdiction d’entrée sur le territoire américain
Selon des informations obtenues par des agences internationales, le Gabon figure désormais parmi une liste noire de 36 pays ciblés par Washington pour la « sécurité insuffisante » de leurs documents d’identité. L’administration américaine évoque une faille structurelle dans la gestion de l’état civil, pointant notamment la lenteur, le manque de fiabilité et la porosité aux pratiques frauduleuses dans la délivrance des passeports gabonais.
Les États-Unis donnent à Libreville un ultimatum de 60 jours pour revoir ses procédures administratives, sous peine d’interdiction d’entrée sur leur sol pour les détenteurs de passeports gabonais. Une décision qui pourrait affecter des milliers d’étudiants, de professionnels et de familles gabonaises résidant ou souhaitant se rendre aux États-Unis.
Une politique migratoire de plus en plus stricte
Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une politique migratoire américaine en durcissement, amorcée sous Donald Trump et maintenue par son successeur, dans une logique de sécurisation des frontières et de filtrage rigoureux des entrées pour raison de sécurité nationale. Le Gabon se retrouve ainsi aux côtés d’autres pays africains comme l’Angola, la RDC, le Cameroun, la Côte d’Ivoire ou encore le Nigéria, tous accusés d’avoir des systèmes d’identification déficients.
Une réforme urgente et stratégique à mener
Pour espérer échapper aux sanctions, le Gabon devra présenter des mesures correctives claires et vérifiables. Le Département d’État américain exige notamment une modernisation rapide de l’état civil, une numérisation des bases de données et une sécurisation renforcée des titres délivrés, en particulier les passeports biométriques.
Ce rappel à l’ordre diplomatique met en lumière une faiblesse bien connue des Gabonais eux-mêmes : un appareil administratif encore largement artisanal, souvent opaque, et vulnérable à la corruption. Il offre toutefois une opportunité stratégique au gouvernement de transition, engagé dans une dynamique de restauration des institutions, de prouver sa capacité à réformer en profondeur.
Un test de crédibilité pour Libreville
Alors que le Président de la République, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, multiplie les initiatives pour relancer la diplomatie gabonaise et regagner la confiance des partenaires internationaux, cette alerte américaine sonne comme un test de crédibilité pour l’État gabonais. Il reste à voir si les autorités saisiront cette fenêtre étroite pour engager une refonte sérieuse de leur système d’identification.
Les prochaines semaines seront décisives : soit Libreville rassure Washington par des actes forts, soit le pays subira une sanction diplomatique et administrative aux conséquences humaines, économiques et symboliques lourdes.





