jeudi, janvier 22, 2026
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Bikele-Nzong : 490 familles relogées, un projet aux multiples zones d’ombre

Le vaste chantier de construction de 1 070 logements sociaux à Bikele-Nzong, initialement destiné aux populations déplacées par les travaux d’assainissement des bassins versants de Gué-Gué, Lowé et Terres nouvelles, prend aujourd’hui une nouvelle tournure. Le site, désormais réquisitionné pour reloger 490 familles récemment victimes des démolitions dans le Grand Libreville, soulève interrogations et tensions.

Piloté par l’Unité de Coordination et d’Exécution des Travaux (UCET), le projet bénéficie d’un financement cumulé de 60 milliards de FCFA, dont 40 milliards octroyés par la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) pour lancer les travaux, complétés par 20 milliards pour leur achèvement. La Banque Islamique de Développement (BID) y a également contribué à hauteur de 29 milliards de FCFA. Sur les 1 070 logements prévus, 300 devraient être livrés dès août 2025.

Le site de 75 hectares inclura par ailleurs des équipements collectifs, dans le cadre d’une vision plus large de modernisation urbaine. Mais cette initiative, relancée après plus de dix ans de blocage — notamment à cause d’un litige foncier avec l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) — se heurte à une reconfiguration inattendue de ses bénéficiaires.

Alors que les premiers ayants droit avaient été recensés dès 2017 et indemnisés en vue d’une relocalisation prévue initialement pour fin 2023, leur sort est désormais incertain. Le réajustement opéré par les autorités actuelles, qui affectent une partie des logements aux déguerpis récents, relance le débat sur la gestion des projets d’habitat social.

Le gouvernement mène en parallèle une campagne de sensibilisation, affirmant que seuls les ménages répondant aux critères établis seront indemnisés ou relogés. Toutefois, des voix s’élèvent pour dénoncer un manque de planification : “On détruit avant de construire”, s’indignent certains acteurs de la société civile. La réaffectation des logements met en lumière un paradoxe douloureux : ceux qui attendaient depuis des années se retrouvent relégués à l’arrière-plan, pendant que d’autres sinistrés, tout aussi légitimes, entrent en priorité.

À ce jour, des questions cruciales restent sans réponse : où dorment les familles déguerpies ? Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour que les logements soient effectivement livrés ? Qui prendra en charge leur quotidien d’ici là ?

Dans un contexte de crise sociale et d’urbanisation désordonnée, cette situation appelle à une gouvernance plus cohérente et anticipative. Car au-delà des chiffres et des plans de financement, ce sont des vies humaines qui se jouent entre béton, bulldozers et promesses.

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