Libreville, le 8 juillet 2025 – Le report du procès de Sylvia Bongo Ondimba et de plusieurs membres de son entourage au mois de novembre prochain ne suspend en rien la volonté des autorités judiciaires de faire éclater la vérité. C’est le message clair et sans équivoque qu’a tenu à délivrer le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, Eddy Minang, lors de son passage sur le plateau de Gabon 1ère.
Alors que l’absence des principaux accusés — dont Sylvia Bongo et son fils Noureddin Bongo Valentin — semble désormais probable, le haut magistrat a rappelé un point de droit fondamental : la possibilité d’un jugement par contumace si les prévenus ne se présentent pas devant la justice.
« En matière criminelle, lorsque l’accusé ne peut être arrêté en vertu de l’ordonnance de prise de corps, ou lorsqu’il ne se présente pas après notification régulière, il peut être jugé selon la procédure de contumace, conformément à l’article 257 du Code de procédure pénale », a-t-il déclaré.
Cette clarification intervient alors que les spéculations vont bon train sur la présence effective ou non des mis en cause sur le territoire national. Plusieurs sources judiciaires et médiatiques évoquent un possible départ à l’étranger de certains accusés, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait été fournie jusqu’à présent.
Une affaire hautement symbolique
L’affaire Sylvia Bongo, très médiatisée, soulève depuis plusieurs mois des interrogations à la fois juridiques, politiques et sociales. Poursuivis notamment pour détournement de fonds publics, blanchiment d’argent et association de malfaiteurs, les prévenus sont au cœur de l’un des plus grands scandales de la période post-transition.
En réaffirmant la solidité de l’arsenal juridique gabonais, le procureur général envoie un message de fermeté : la justice gabonaise ne se pliera ni à la pression politique, ni à l’absence volontaire des accusés. Le procès aura lieu, dans le respect du droit et des procédures.
La justice, au nom du peuple
Au-delà des aspects techniques, cette affaire est aussi perçue comme un test pour l’indépendance de la justice en période de retour à l’ordre constitutionnel. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a d’ailleurs plusieurs fois réaffirmé sa volonté de renforcer l’état de droit et de lutter contre l’impunité.
Le recours éventuel à la procédure de contumace, s’il se confirme, marquera une étape inédite dans l’histoire judiciaire contemporaine du Gabon. Il s’agira non seulement de poursuivre l’action publique, mais également d’envoyer un signal fort : nul, quelle que soit sa position, n’est au-dessus des lois.





