jeudi, janvier 22, 2026
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Suspension des bourses vers l’Occident : une politique assumée pour retenir les talents au Gabon.

C’est un tournant majeur dans la politique éducative du Gabon. Le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé la suspension des bourses d’études destinées aux pays occidentaux à compter de 2026. Une décision motivée par la flambée des coûts de formation dans ces pays et la problématique persistante de la fuite des cerveaux qui prive le pays de ses compétences les plus qualifiées.

S’exprimant lors d’une rencontre avec la diaspora gabonaise outre-Atlantique, le Président Oligui Nguema n’a pas mâché ses mots : « Pour l’année 2026, il n’y aura pas de bourses pour les États-Unis, pour le Canada, parce que là-bas les études coûtent cher. Et ceux qui y vont ne reviennent jamais », a-t-il déclaré, soulignant la volonté de réorienter les financements publics vers des formations plus accessibles et davantage tournées vers le retour au pays.

Une stratégie de rétention des talents

Depuis des décennies, la France, le Canada et les États-Unis figurent parmi les destinations privilégiées des étudiants gabonais bénéficiant de bourses. Mais ces choix, jugés stratégiques au départ, se sont transformés au fil des années en véritable gouffre financier pour les finances publiques. Les coûts cumulés des frais de scolarité, des allocations et de la prise en charge logistique pèsent lourdement sur le budget de l’État.

En parallèle, les statistiques officielles confirment que nombre de ces diplômés préfèrent s’installer durablement à l’étranger, accentuant le déficit de compétences au Gabon. Le Président l’a rappelé :

« On préfère donner la bourse à des étudiants qui vont au Sénégal, au Ghana, au Maroc, parce qu’on sait qu’ils vont revenir. »

Ce constat a nourri la conviction des autorités qu’il fallait repenser le modèle.

Des destinations désormais privilégiées

La nouvelle politique favorisera l’orientation des boursiers vers des pays africains où les coûts sont plus abordables et où le taux de retour est jugé significativement plus élevé. Selon le gouvernement, cette réallocation des ressources permettra de financer un plus grand nombre d’étudiants tout en garantissant leur réinsertion dans l’économie nationale après leurs études.

Le Sénégal, le Ghana et le Maroc figurent déjà en tête de liste des destinations considérées comme stratégiques. Ces pays offrent des formations de qualité dans des filières prisées (médecine, ingénierie, commerce, management) tout en renforçant les liens de coopération Sud-Sud.

Entre ambition nationale et frustration prévisible

Cette annonce, saluée par certains observateurs comme un choix pragmatique, risque néanmoins de susciter des critiques dans une partie de la jeunesse et des familles, attachées au prestige des diplômes occidentaux. Pour de nombreux étudiants, étudier en Europe ou en Amérique du Nord constituait une opportunité de formation de haut niveau et une promesse d’insertion internationale.

D’ores et déjà, des voix s’élèvent pour demander un accompagnement pédagogique et psychologique des futurs bacheliers, afin de préparer cette transition et éviter la démotivation. D’autres soulignent la nécessité urgente d’investir massivement dans la modernisation des universités gabonaises, afin que les étudiants disposent d’alternatives crédibles sur le territoire national.

Un pari sur le patriotisme

En prenant cette décision, le président Oligui Nguema engage le Gabon dans une politique volontariste de rétention et de valorisation des compétences locales. Il s’agit de réaffirmer une priorité : que les investissements de l’État dans la formation servent directement le développement du pays.

Reste à savoir si cette orientation sera accompagnée des réformes structurelles nécessaires pour créer un environnement professionnel attractif, apte à convaincre les jeunes diplômés de rentrer et de rester.

Le Gabon, qui ambitionne de renforcer sa souveraineté économique et éducative, amorce donc une rupture assumée avec les pratiques héritées. Mais ce pari sur le patriotisme et le retour des talents sera scruté, car il déterminera en partie la capacité du pays à relever les défis du développement dans les prochaines décennies.

Wilfried
Wilfried
Jayson est un rédacteur passionné par l'écriture et la communication. Fort d'une expérience dans le domaine du contenu web, il se spécialise dans la rédaction d'articles informatifs et de blogs optimisés pour le SEO. Toujours à l'écoute des tendances du marché, Jean s'efforce de produire des textes clairs, engageants et adaptés aux besoins de ses lecteurs. En dehors de sa carrière professionnelle, il aime lire des romans contemporains et explorer de nouvelles idées à travers des projets créatifs.

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