LIBREVILLE – Le Gabon franchit un nouveau cap dans sa politique environnementale avec la relance stratégique de son programme d’obligations bleues, destiné à conjuguer développement économique et préservation des écosystèmes marins.
Une ambition renouvelée
En partenariat avec l’organisation américaine The Nature Conservancy (TNC), les autorités gabonaises entendent repositionner le pays parmi les pionniers de la finance durable en Afrique. L’objectif : structurer un mécanisme qui transforme une partie de la dette publique en financements orientés vers la conservation des zones côtières, la pêche durable et la résilience des communautés locales.
Portée par Laurence Ndong, ministre de la Mer et de la Pêche, cette relance vise à renforcer un modèle déjà mis en place en 2023, qui avait permis au Gabon de convertir plus de 500 millions de dollars de dette en « blue bonds ». Cette opération avait généré plus de 160 millions de dollars de financement pour la biodiversité marine.
Une feuille de route claire
Le Comité de pilotage du projet Blue Bond, a validé une feuille de route opérationnelle en mars dernier. Celle-ci prévoit la mise en place d’un Fonds de préservation de la biodiversité (FPBG) chargé de gérer les ressources issues de cette conversion financière, dans un cadre transparent et indépendant.
Parmi les priorités : soutenir les acteurs de la pêche artisanale, surveiller les aires marines protégées, restaurer les mangroves et encourager l’innovation dans l’économie bleue.
Une souveraineté réaffirmée
Soucieuse de garantir une coopération équitable, la ministre Laurence Ndong a insisté sur la nécessité de respecter la souveraineté nationale dans la mise en œuvre du projet. « Il ne s’agit pas d’un don, mais d’un accord structurant qui met l’économie bleue au service du développement du Gabon, tout en protégeant ses ressources », a-t-elle rappelé.
Un modèle qui inspire
Le mécanisme mis en place avec l’appui de la DFC américaine et de la Bank of America a été salué à l’international comme un exemple innovant d’échange dette-nature, conciliant intérêts économiques et impératifs environnementaux. Malgré les turbulences politiques de 2023, l’accord avait été préservé, preuve de sa solidité institutionnelle.
Avec cette relance, le Gabon confirme son ambition de devenir un acteur majeur de la finance verte, tout en consolidant son rôle de leader en matière de conservation marine sur le continent africain.
Économie bleue : le Gabon mise à nouveau sur les blue bonds





