Malgré l’opération de désengorgement menée en juin dernier, le Carrefour des Charbonnages connaît un retour progressif et préoccupant de l’occupation anarchique de ses trottoirs par des vendeurs ambulants. Friperie, sacs, chaussures et autres marchandises jonchent de nouveau les abords de cette zone névralgique, transformée en marché informel à ciel ouvert, au mépris des efforts de salubrité et d’urbanisme engagés par les autorités municipales.
Longtemps identifié comme un point chaud du commerce informel à Libreville, le site avait été vidé de ses occupants il y a quelques semaines lors d’une vaste opération menée par la mairie, censée redonner à cet espace sa vocation première : la fluidité de la circulation et la sécurité des piétons. Mais à peine les contrôles relâchés, notamment en après-midi et les week-ends, les commerçants ambulants ont repris possession des lieux, profitant de l’absence des agents municipaux.
« Après la casse, nous avons été délogés, mais les clients ne savent plus où nous trouver. Alors, on revient discrètement ici pour vendre et proposer nos services, surtout le matin, en faisant attention aux contrôleurs », confie Orphée G., étudiant et démarcheur occasionnel.
Une occupation illégale mais motivée par la survie économique
Pour de nombreux vendeurs, il ne s’agit pas d’une volonté de défiance face à l’autorité, mais d’une nécessité économique. Privés d’alternative concrète et sans site de relogement proposé, ils n’ont d’autre choix que de revenir sur un espace qu’ils connaissent bien, et qui garantit une visibilité commerciale.
Cette situation révèle aussi les limites des politiques de déguerpissement non accompagnées de solutions durables. Les commerçants dégagés jurent de ne pas quitter les lieux de manière définitive, tant qu’aucun projet de réhabilitation ou de construction sérieuse n’est lancé sur le site. Un véritable bras de fer se dessine donc entre les petits vendeurs et les autorités locales.
Un enjeu d’urbanisme et de gouvernance locale
Face à cette réoccupation illégale, la municipalité est interpellée. Car l’enjeu dépasse le simple cadre du commerce informel. Il s’agit de préserver l’ordre urbain, garantir la sécurité des usagers de la route, mais aussi de proposer des alternatives inclusives qui tiennent compte des réalités socio-économiques des populations.
À défaut d’une action concertée entre autorités municipales, commerçants et partenaires sociaux pour réorganiser durablement ces espaces, le phénomène risque de s’enraciner davantage, au détriment du vivre-ensemble et de la salubrité urbaine.





