Alors qu’une vague médiatique évoque une supposée offensive judiciaire orchestrée par l’État gabonais et son Président Brice Clotaire Oligui Nguema, une mise au point s’impose. Contrairement aux affirmations diffusées ces derniers jours, aucune plainte officielle n’a été déposée à ce jour ni à Paris, ni à Libreville, par l’État gabonais ou son Président. Ce sont en réalité des acteurs de la société civile gabonaise qui sont à l’initiative des premières démarches juridiques.
Pas de plainte déposée par le Président Oligui Nguema
Contrairement à ce qui a été avancé dans plusieurs publications, dont certaines relayées à l’international, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema n’a engagé aucune procédure judiciaire contre Ali Bongo Ondimba ou ses proches devant les juridictions françaises ou gabonaises. Aucun cabinet d’avocats n’a été officiellement mandaté par l’État gabonais pour déposer une plainte contre l’ex-président ou sa famille.
Des sources proches de la Présidence confirment qu’aucune action en justice n’a encore été entreprise à ce jour au nom de l’État gabonais. Les informations relatives à une plainte imminente à Paris, prétendument attendue pour la fin juillet, relèvent donc à ce stade de la spéculation ou de l’intoxication médiatique.
Une initiative citoyenne : la société civile à la manœuvre
En réalité, c’est la société civile gabonaise qui est à l’origine des premières initiatives judiciaires, tant à Libreville qu’à l’international. Regroupant anciens opposants politiques, victimes présumées du régime Bongo, membres d’associations ou figures de la diaspora, ces collectifs ont entamé des démarches visant à demander des comptes à la famille Bongo pour leur gestion du pouvoir et leur supposée mainmise sur l’économie nationale.
Des plaintes groupées ont été annoncées à Libreville, notamment par d’anciens soutiens de Jean Ping, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2016, ainsi que par des membres de la société civile ayant survécu à la répression d’août 2016. Si certains militants et représentants de la société civile prévoient de se constituer partie civile dans le dossier des biens mal acquis (BMA) en France, cela relève de démarches individuelles ou associatives, sans implication officielle de l’exécutif gabonais dans ces actions spécifiques.
Démenti ferme face aux allégations
Des proches du gouvernement de transition dénoncent une tentative de manipulation de l’opinion visant à faire croire que la Présidence mène une vendetta judiciaire contre les Bongo. « Aucun document officiel ne prouve une plainte déposée par l’État gabonais ou le Président Oligui Nguema », confie une source haut placée. « Il est essentiel de faire la distinction entre une action citoyenne légitime et une instrumentalisation étatique », ajoute-t-elle.
Une affaire à suivre… avec prudence
Le climat reste tendu entre les partisans de l’ancien régime et le pouvoir en place. Les multiples annonces dans les médias internationaux doivent toutefois être prises avec précaution : aucune confirmation officielle ni judiciaire n’atteste des faits avancés. Les journalistes et les observateurs sont donc appelés à la rigueur et à la vérification des sources, dans un contexte où la communication politique est parfois utilisée comme une arme.





