Après des années de silence et d’ombre, Brice Laccruche Alihanga, ancien Directeur de Cabinet du président Ali Bongo Ondimba, a livré un témoignage explosif dans un entretien exclusif accordé à TV5 Monde, diffusé ce week-end. Une sortie médiatique qui fait l’effet d’une bombe sur la scène politique gabonaise.
Pour la première fois depuis son arrestation en 2019, celui qui fut considéré comme l’un des hommes les plus puissants du régime revient en détail sur les circonstances de sa chute. Derrière ce qu’il qualifie de « purge politique », Brice Laccruche pointe du doigt un projet de succession dynastique orchestré, selon lui, par Nourredin Bongo Valentin, fils du président déchu.
« Mon grand-père était président, mon père est président, je serai président. Es-tu avec moi ou contre moi ? », aurait lancé Nourredin Bongo à Brice Laccruche, en novembre 2019, quelques semaines avant son interpellation.
Face à cette injonction, l’ancien bras droit d’Ali Bongo affirme avoir opposé un refus catégorique :
« J’ai dit non au prince qui voulait devenir roi. J’ai signé mon arrêt de mort. »
Une opposition interne à la monarchisation du pouvoir
Ce témoignage inédit bouleverse la lecture officielle de l’époque. Présenté comme un ancien proche devenu gênant, Laccruche Alihanga se positionne désormais comme un opposant interne à une dérive monarchique du pouvoir. Son refus d’adhérer à un projet de succession héréditaire serait, selon lui, la véritable cause de son arrestation brutale et de sa détention prolongée.
« C’était une mise en œuvre organisée, planifiée, qui visait à m’assassiner », déclare-t-il, évoquant une cabale politique menée dans les plus hautes sphères de l’État.
Des révélations à fort impact politique
En rompant le silence, Brice Laccruche Alihanga ne cherche pas seulement à laver son honneur. Il relance le débat national sur la gouvernance de l’ère Bongo, mettant en lumière les tensions internes, les ambitions rivales et les jeux d’alliances mortels qui ont émaillé les dernières années du régime.
Ces révélations jettent une lumière crue sur les coulisses d’un pouvoir à bout de souffle, prêt à sacrifier ses propres piliers pour assurer la continuité d’un système de transmission familiale du pouvoir. Pour de nombreux observateurs, cette prise de parole pourrait bien marquer le début d’un nouveau chapitre pour Brice Laccruche Alihanga, désormais érigé en témoin-clé d’un régime déchu et d’un système en quête de légitimité.





