C’est une décision qualifiée d’historique par de nombreux observateurs. Ce mardi, lors du Conseil des ministres présidé par le gouvernement de transition dirigé par le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, il a été annoncé l’amnistie du Lieutenant Kelly Ondo Obiang et de ses compagnons, Estimé Manongo Bidima et Dimitri Nze Minkom. Condamnés en 2021 pour leur implication dans les événements du 7 janvier 2019, les trois hommes retrouvent leur liberté… et leur place au sein des forces armées gabonaises.
La porte-parole du gouvernement, Laurence Ndong, a officialisé la nouvelle, saluée par une large frange de la population. « C’est une mesure qui répond à la volonté d’apaisement et d’unité nationale voulue par la 5e République », a-t-elle déclaré.
Retour sur les événements de 2019
Le 7 janvier 2019, en pleine convalescence du président Ali Bongo, Kelly Ondo Obiang et ses hommes avaient pris le contrôle de la Radiotélévision Gabonaise (RTG). Leur objectif : alerter la nation sur ce qu’ils percevaient comme une incapacité du chef de l’État à gouverner. Cette action spectaculaire avait conduit à leur arrestation et, le 18 juin 2021, à leur condamnation à 15 ans de prison ferme.
La voix du peuple entendue
La décision d’amnistie trouve son origine dans une initiative parlementaire. Lionel Ella Engonga, député de la transition, avait déposé une proposition de loi visant à effacer les condamnations liées aux événements des 6 et 7 janvier 2019. Ce texte s’appuyait sur les articles 76, 82 et 83 du règlement de l’Assemblée Nationale de la Transition, ainsi que sur les dispositions pertinentes du Code pénal et du Code de procédure pénale.
L’adoption de cette mesure illustre, selon plusieurs analystes, un changement d’approche dans la gestion des tensions politiques. Elle s’inscrit dans une volonté de tourner la page et de bâtir un socle de réconciliation civique. L’historien Stéphan Gacon définit d’ailleurs l’amnistie comme un « geste symbolique de réconciliation sociale », ce que vient confirmer ce choix politique fort.
Un symbole pour l’unité nationale
La réintégration des trois militaires dans les rangs de l’armée ne relève pas seulement de la procédure administrative : elle marque une reconnaissance implicite de leur geste comme un cri d’alerte lancé dans un contexte de crise. Pour beaucoup de Gabonais, cette décision est une victoire pour l’unité nationale et l’apaisement des tensions héritées du passé.
En retrouvant leur liberté et leur statut, Kelly Ondo Obiang, Estimé Manongo Bidima et Dimitri Nze Minkom pourront désormais réintégrer la vie républicaine, aux côtés de leurs familles et de leurs frères d’armes. Cette mesure pourrait également ouvrir la voie à d’autres initiatives destinées à renforcer la cohésion nationale et à consolider la gouvernance inclusive voulue par la 5e République.





