Coup de tonnerre politique en République démocratique du Congo. Ce vendredi, la Haute cour militaire a requis la peine capitale contre l’ancien président Joseph Kabila, jugé par contumace pour des accusations gravissimes : « crimes de guerre », « trahison » et « organisation d’un mouvement insurrectionnel ».
Un procès sous haute tension
Le procès, ouvert le 25 juillet 2025, s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu. Selon le quotidien Le Monde, c’est au terme d’un réquisitoire implacable que le général Lucien René Likulia, représentant l’État, a demandé la peine de mort contre l’ancien chef de l’État.
En parallèle, le ministère public a requis 20 ans de prison pour apologie de crime de guerre et 15 ans pour complot à l’encontre de Joseph Kabila, chef de l’État congolais de 2001 à 2019.
Des accusations explosives
Absent à l’audience, Joseph Kabila vit à l’étranger depuis deux ans. Toutefois, son apparition remarquée en mai dernier à Goma, fief partiel du mouvement armé M23, a relancé les soupçons des autorités de Kinshasa.
Ces dernières l’accusent de complicité avec les rebelles et d’avoir fomenté une tentative de coup d’État contre le président Félix Tshisekedi, « en intelligence avec le Rwanda », selon le parquet militaire.
Tempête dans la classe politique congolaise
La réaction politique n’a pas tardé. Le PPRD, parti fondé par Joseph Kabila, a qualifié le procès de « bidon » et « sans surprise », rapporte RFI. Du côté d’Ensemble pour la République, le parti de Moïse Katumbi, on dénonce une « manœuvre politique cynique » visant à « faire taire un acteur majeur de la scène politique ».
Même son de cloche au sein du Cadre de concertation des forces politiques et sociales, qui parle d’un « feuilleton politico-judiciaire mis en scène ».
Une peine capitale controversée
Si la peine de mort reste prévue par la loi congolaise, aucune exécution n’a eu lieu depuis le moratoire de 2003. Ce dernier, toutefois, a été levé en 2024, ouvrant la voie à la réintroduction effective de la sanction suprême.
La décision finale des juges est désormais très attendue, dans un climat où justice et politique s’entremêlent dangereusement. Le verdict pourrait marquer un tournant historique pour la RDC, où le spectre des années de guerre continue de hanter la vie publique.





