Le procès de la « Young Team », déjà considéré comme l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles de l’ère post-transition, a franchi un nouveau cap ce lundi. Lors de son réquisitoire, le procureur général Eddy Minang a annoncé une décision qui pourrait profondément rebattre les cartes du débat judiciaire : toutes les personnalités citées durant l’instruction seront convoquées à la barre.
Selon le procureur général, cette démarche s’inscrit dans un impératif de transparence totale : « Toute personne dont le nom apparaît dans ce dossier devra venir s’expliquer devant la justice. » Une position ferme destinée à éclairer les zones d’ombre d’une affaire qualifiée par le parquet de « cas de pillage jamais connu au Gabon ».
Des anciens piliers de l’État directement visés
Parmi les personnalités citées figurent d’importants acteurs de l’ancien appareil étatique, dont :
- Pascal Ogowé Siffon, ancien ministre et ancien Premier ministre ;
- Alain-Claude Bilie By Nze, également ancien Premier ministre ;
- Yann Koubdje, ex-Trésorier Payeur Général (TPG) ;
- Fabrice Andjoua Ondimba, ancien Directeur Général du Budget et des Finances Publiques (DGBFIP) ;
- Lapensée Essingone, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2025.
Ces convocations visent à établir les responsabilités individuelles dans le mécanisme de détournements présumés mis en lumière lors de l’instruction, ainsi que le rôle exact joué par chacun dans la chaîne décisionnelle.
Les institutions financières également mises en cause
Le parquet a également annoncé l’audition prochaine des dirigeants de plusieurs établissements bancaires, dont BGFI, Orabank et UGB, soupçonnés d’avoir facilité — volontairement ou non — certaines opérations financières contestées. Leur comparution vise à comprendre comment des flux suspects ont pu transiter sans être détectés ou signalés avec la rigueur requise.
Un tournant majeur dans un procès très suivi
Cette décision marque un tournant décisif dans un procès scruté de près par l’opinion publique et présenté comme un test majeur pour la refondation de la gouvernance au Gabon.
L’appel à la barre de ces hauts responsables traduit la volonté du parquet de mener une instruction exhaustive, sans privilèges ni immunités implicites, en cohérence avec les engagements du pays envers la transparence et la justice.
Les prochaines auditions s’annoncent déterminantes et pourraient remodeler la compréhension globale du scandale. Le pays reste désormais dans l’attente d’un procès qui promet de révéler de nouveaux éléments sur ce vaste système de prédation présumé.





